16 mai 2016

Le Gouvernement Valls a cessé d'être un gouvernement parlementaire

Le Premier Ministre à l'Assemblée nationale

Il y a quelques jours, le jeudi 12 mai, après que le Premier ministre ait été autorisé par le Conseil des Ministres a recourir à l'article 49.3 de notre Constitution - sur lequel nous avons déjà émis une opinion claire - l'Assemblée nationale était interrogée sur une motion de censure déposée par l'opposition de Droite au Gouvernement.

Cette motion de censure a échoué, et on serait tenté d'ajouter "elle a naturellement échoué". Les mécanismes pseudo-représentatifs et ultra-partisans de notre régime politique actuel font que les majorités parlementaires obéissent avant tout à des considérations politiciennes et non à des considérations politiques.

Mais la veille de ce débat, l'opposition de Gauche au Gouvernement avait tenté - infructueusement - de déposer une motion de censure elle-aussi. Si elle avait été déposée, le Gouvernement se serait maintenu malgré tout puisqu'il faut qu'une motion de censure - et une seule - obtienne la majorité absolue pour que le Gouvernement puisse tomber, mais sans doute aurait-il été particulièrement bousculé par cette mise en minorité.

Or, si on regarde bien les résultats de la motion de censure de Droite et si on les croise avec la liste des 56 députés prêts à voter une motion de censure de Gauche, on en arrive à une conclusion toute simple : le Gouvernement Valls est désormais un gouvernement minoritaire, sans majorité parlementaire, ni à l'Assemblée nationale ni au Sénat. Ne disposant plus de la confiance ni du Peuple ni de ses représentants, ce Gouvernement ne se maintient que par la volonté du Président de la République. Nous sommes donc gouvernés par un gouvernement présidentiel, si ce n'est personnel.

15 mai 2016

[Cérémonie du 5 mai 2016] L'homélie peu napoléonienne de Mgr Ravel

Choeur de la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides

Au cours de la cérémonie du 5 mai comme de celle du 9 janvier, respectivement commémorations de la mort de Napoléon Ier et de celle de Napoléon III, ces dernières ayant la forme traditionnelle d'une messe en hommage aux disparus commémorés, les célébrants de l'office catholique en cette occasion sont naturellement amenés à dire une homélie en présence d'une assemblée, présidée par la Famille impériale, de fidèles napoléoniens et/ou catholiques mais non forcément dotés de ces deux caractéristiques à la fois.

Le père Denis Branchu, curé de l'église Saint-Augustin, prononce toujours, à l'occasion du 9 janvier, des homélies dignes et sobres, emplies de sagesse et de modération, où il tente toujours d'amener quelques passages sur l'Empereur Napoléon III (toujours trop peu sans doute à nos yeux mais une homélie n'a pas non plus à être un discours d'hommage, il ne faut pas usurper les droits de la religion lorsqu'on en est l'invité).

En ce 5 mai 2016, il en a été tout autrement de l'homélie prononcée par Mgr Luc Ravel, évêque aux Armées françaises depuis 2009 et qui célébrait donc en sa cathédrale Saint-Louis-des-Invalides ("l'église des soldats") la messe en l'honneur de l'Empereur Napoléon et des soldats de la Grande Armée morts pour la France. Son propos ne s'est pas intéressé aux lectures qui venaient d'être accomplies - notamment par un saint-cyrien, cette école si attachée au souvenir impérial - et il n'a ainsi commenté ni le passage des Actes des Apôtres ni celui de la Lettre aux Hébreux ni même celui de l'Evangile selon Saint-Luc, tous relatifs à l'Ascension de Jésus-Christ. Non, l'évêque a choisi de commenter la première phrase du testament de l'Empereur : "Je meurs dans la religion apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je suis né, il y a plus de cinquante ans."

Acte louable que de vouloir évoquer en ce jour de commémoration de sa disparition le testament de l'Empereur mais - annonçant lui-même à plusieurs reprises avant d'entrer dans son homélie qu'il allait faire là un acte "polémique" - Mgr Luc Ravel a profité de l'occasion qui lui était offerte par cette cérémonie napoléonienne pour dérouler le programme politique de l'Eglise catholique, produisant un discours bien étranger aux principes napoléoniens.