16 mars 2016

Il y a cent-soixante ans naissait le Prince impérial

Prosper Charles Adrien d'Epinay, buste du Prince impérial
"Dieu a exaucé les voeux de la France et les prières de l'Eglise : ce matin, l'Impératrice a donné le jour à un Prince qui naît à la vie dans de tels temps, que l'auguste enfant sur lequel reposent les futures destinées de l'Empire est bien l'enfant de la Providence.

La joie de l'Empereur doit être immense et profonde ; car dans cette joie il y a le bonheur du Père qui se confond avec la satisfaction du Souverain, si bien qu'en se réjouissant pour lui il se réjouit encore pour la France.

Cette joie, nous la comprenons et nous la ressentons ; et, avec nous, la Nation, toute entière, la comprendra et la ressentira dans tout ce qu'elle a de grave, de religieux et de solennel par les pensées sérieuses, les grandes espérances et les intérêts élevés qui se rattachent à l'heureuse naissance du Prince impérial."
C'est ainsi que le journal Le Constitutionnel commence son éditorial du 17 mars 1856 annonçant à ses lecteurs la naissance, la veille, de l'héritier du trône impérial, bientôt baptisé Napoléon Eugène Louis Jean Joseph (Napoléon naturellement, Eugène pour sa mère, Louis pour son père, Jean pour son parrain (le pape Pie IX, né Giovanni Ferretti), Joseph pour sa marraine (la reine Joséphine de Suède, fille d'Eugène de Beauharnais)).

Devant l'Histoire, c'est par son titre que demeurera cet homme sublime et tragique : le Prince impérial. Comme son prédécesseur, le Roi de Rome, et incontestablement plus encore que ce lointain cousin, il incarna l'espoir et l'âme de la France fidèle à la dynastie impériale. Sous son "règne" fictif, celui que d'aucuns aurait voulu pouvoir acclamer dans les rues de Paris du titre magnifique de Napoléon IV s'affirma comme le gardien d'un parti dont les intérêts devaient être ceux de la France toute entière et dont les principes, généreux et patriotiques, hérités du règne de son père, ne devaient pas se laisser altérés par un conservatisme autoritaire ou, plus contre-nature encore, par un repli partisan et identitaire.