16 janvier 2016

Deux mois de silence et de réflexions

Mémorial de la Place de la République
Le dernier article publié par Renouveau Bonapartiste l'a été il y a très exactement deux mois, le 16 novembre 2015. Depuis lors, le blog apparaît comme figé sur cette image d'une Tour Eiffel plongée dans les ténèbres, précédant le magnifique et vibrant poème de Louis Aragon dédié à Paris.

Comme annoncé sur la page Facebook du blog, le silence a fait suite aux attentats du 13-Novembre et j'ai voulu qu'il dure un temps certain afin que celui-ci puisse être utile. Ce temps de silence est un temps symbolique et pratique.

Symbolique parce qu'il veut montrer que face à la pire barbarie, toutes les opinions et tous les débats paraissent bien dérisoires face aux principales valeurs de l'Humanité, piétinées dans la nuit du 13-Novembre et que sont la Liberté, la Vie et la poursuite du Bonheur. Symbolique aussi parce qu'il veut faire écho au silence éternel qu'on a imposé à des vies arrachées trop jeunes à ce monde mais aussi à d'autres vies qui, elles, demeurent ici, à nos côtés, dans un monde bruyant et chaotique mais sans jamais pouvoir espérer un jour se détacher du silence tombé si brutalement sur leurs proches. Il est un devoir sacré à notre société et au temps présent de ne jamais oublier ceux qui sont partis et de ne jamais abandonner ceux qui restent.

Pratique parce que deux mois sont un temps minimale pour essayer de réfléchir en profondeur aux grandes questions que ces événements imposent à notre siècle. 2015 laissera une marque indélébile dans l'Histoire de France. Tout le sang qui a coulé en janvier et novembre ne peut pas s'effacer de la mémoire nationale. Au contraire, ce souvenir impose de nouvelles exigences à la Nation française. 2015 fut l'année de la commémoration et du recueillement au milieu du drame. 2016 doit désormais devenir l'année de l'action et du ressaisissement. Pour notre part, nos analyses demeurent validées. Toute division quelconque, et plus encore les divisions politiciennes, toute division est un cadeau fait à nos adversaires. Toute division de la Nation et du Peuple est une inconscience irresponsable. L'Unité est désormais le premier devoir d'une Nation libre. Mais l'Unité ne doit pas être vide de sens, elle doit être animée par une âme, et celle-ci, en France, se nomme "République". La République - avec un "R" majuscule - est un corpus de valeurs que les français ont appris à redécouvrir au milieu des larmes. La République des valeurs que l'Histoire nous a légué dépasse tous les clivages et elle doit être protégée par tous les citoyens de ce pays. Qu'on soit institutionnellement dynastiques - on dirait "monarchiste" - ou électifs - on dirait "républicain" - nous sommes tous républicains d'idéaux.

Nos valeurs communes sont désormais un bien commun dont nous connaissons la préciosité inestimable. Que les factions ou les partis tentent de se maintenir au pouvoir ou de le conquérir en piétinant ces valeurs, et les citoyens de cette Grande Nation se dresseront comme ils se sont dressés face à la barbarie.

La France s'est levée. Et elle restera debout.

Rien ne m’a fait jamais battre le coeur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

Paris, Louis Aragon, 1944

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