28 octobre 2015

Napoléon IV ou Napoléon VII ? Succession napoléonienne et légitimités impériales

De gauche à droite : l'empereur Napoléon le Grand, l'empereur Napoléon II, le roi Joseph, le roi Louis, l'empereur Napoléon III,
le Prince impérial, le prince Victor, le prince Louis et l'actuel Prince Napoléon

Renouveau Bonapartiste n'a jamais caché ses très sincères opinions monarchistes. Anticipant toute polémique, nous reconnaissons sans problème que le bonapartisme n'est pas monarchiste par nature, et pas davantage républicain. Par nature pragmatique, le bonapartisme sait adapter ses idéaux généreux aux réalités pratiques du présent, ne s'attachant à la défense d'aucune idéologie mais à la promotion de toutes les idées qui peuvent servir l'avenir de la Nation. Nos propositions de régénération démocratique à travers l'instauration d'une démocratie plébiscitaire peuvent ainsi s'épanouir dans un cadre républicain aussi bien que monarchiste.

Mais entre l'option républicaine - ou élective - et l'option monarchiste - nous préférons parler d'option dynastique - nous avons fait notre choix : il se fait résolument en faveur de la succession napoléonienne. Au niveau des institutions, la République se résume trop souvent à la combinaison des défauts de tous les régimes là où la monarchie optimise toutes leurs qualités.

Interroger cette succession c'est définir l'âme du monarchisme napoléonien, questionner les fondations et les légitimités d'une institution qui peut, mieux qu'aucune autre, apporter à la France stabilité, dialogue et unité.

D'emblée, il faut affirmer cette vérité simple et incontournable, trop souvent oubliée, notamment par les milieux royalistes les plus excitées : les français - s'ils devaient revenir à l'institution monarchique - ne choisiraient pas leur Prince sur la base d'un sang, d'un titre, de traités internationaux vieux de trois siècles ou d'une légitimité dynastique quelconque. La seule légitimité inaliénable aujourd'hui dans la France démocratique du XXIe siècle, c'est la légitimité issue du Peuple souverain. La légitimité dynastique ne peut pas et ne doit pas se penser isolément mais dans sa compatibilité avec la légitimité populaire.

Les querelles dynastiques apparaissent exceptionnellement dérisoires à l'aune de ce critère. Pourquoi se battre autour de l'occupant d'un trône qui n'existe pas ? Pourquoi se battre sur des légitimités qui ont perdu toute efficience ? Ne faudrait-il pas commencer par penser la monarchie, relever le trône et réactiver ces légitimités effacées ? Les guerres picrocholines auxquelles s'adonnent certains royalistes orléanistes et légitimistes sont ridicules. Ces interminables invectives ponctuées d'argumentations elles aussi interminables sur le traité d'Utrecht, l'exécution de Louis XVI, la révolution de 1830 ou la consommation du mariage d'Isabelle II d'Espagne et François d'Assise s'abiment à des millions de kilomètres des préoccupations des français d'aujourd'hui.

Les français ne retourneront pas à la monarchie en lisant le traité d'Utrecht ! Ils retourneront à la monarchie une fois convaincus que cette institution offre une garantie optimale pour l'Unité nationale et la Souveraineté populaire. Notre première mission - à nous, monarchistes - doit être celle de la pédagogie et de l'alternative institutionnelle. La monarchie ne doit pas être réduite à la candidature d'un prince pour un trône. La question du prince doit demeurer une question secondaire. La monarchie c'est la candidature d'un trône face à un peuple. Le prince ne viendra s'y asseoir qu'après.

Ces réflexions sont ancrées au coeur du monarchisme napoléonien, aidé en cela sans doute par son absence de dogmatisme fanatique, le bonapartisme acceptant - si telle est la volonté du Peuple - de se contenter d'une réforme républicaine, tout en demeurant conscient des imperfections d'une telle réforme en comparaison aux qualités de l'option dynastique. Ce pragmatisme napoléonien est un barrage extrêmement efficace contre tous les extrémismes auxquels sont soumis nos amis royalistes. Il n'y a de place chez nous ni à l'extrémisme de prétentions réactionnaires effrayantes ni à l'extrémisme d'argumentations religieuses hallucinantes. Nous ne rejouons pas le passé, nous construisons le présent.

Ces affirmations préalables posées, revenons à la succession napoléonienne et aux légitimités impériales. Cette succession est par nature compatible avec la légitimité populaire puisqu'elle intègre cette dernière au coeur de ses propres légitimités.

La succession napoléonienne se fonde bien sûr sur une légitimité dynastique, succession de nos Empereurs, Napoléon le Grand et Napoléon III, ininterrompue depuis 1804. Elle se fonde aussi sur une légitimité plus vaste, une légitimité historique, succession de nos Rois en sa qualité de Quatrième Dynastie. Ces deux légitimités sont à la fois celles du Sang et de l'Histoire, ancrées dans le passé.

Sur cette base, quel est le titre auquel devrait prétendre notre Prince ? Nous voyons du côté de nos amis royalistes des successions ininterrompues où l'actuel comte de Paris peut ainsi se réclamer "Henri VII" alors que le compte historique de nos rois Henri s'est arrêté au cinquième (ce dernier, Henri d'Artois, ne fut pourtant qu'un roi virtuel en août 1830 mais nous ne discuterons pas la validité de ce titre tant le comte de Chambord fut un grand personnage). Faut-il, sur ce modèle, évoquer le Prince Napoléon comme prétendant au titre de "Napoléon VII" ? 

Notre réponse est "non", vigoureusement "non". Et cela se fonde sur la troisième légitimité impériale : la légitimité issue du Peuple et de la Constitution. Les prétendants napoléoniens au trône de France ne sont pas souverains par leur seule légitimité dynastique. Contrairement aux virtualités portées par Louis XVIII en exil, nous ne sommes pas dans la dix-neuvième année du règne de l'Empereur Napoléon VII. Les prétendants napoléoniens sont souverains aussi bien par légitimité dynastique que par légitimité populaire. Et ce n'est pas n'importe qui mais notre dernier Empereur qui nous le rappelle. En montant sur le trône en 1852, le Prince Louis-Napoléon Bonaparte ne voulut pas choisir pour titre celui de "Napoléon V" où, sur le modèle royaliste, on aurait inclus non seulement le fils de Napoléon mais aussi ses deux frères et successeurs dynastiques, Joseph et Louis. Non, Louis-Napoléon préféra le nom de règne de Napoléon III, reconnaissant le règne éphémère de son cousin, Napoléon II, parce que ce règne fut légal et reconnu par les institutions constitutionnelles. Il n'y a pas de règne napoléonien en dehors de la légitimité populaire gravée dans la légalité constitutionnelle. En exil, le fils de Napoléon III, le Prince impérial, n'accepta pas davantage de se faire appeler "Napoléon IV", réservant ce glorieux titre au jour où la France reviendrait vers lui et le porterait sur le trône de son père et de son grand-oncle.

Son Altesse impériale le Prince Napoléon ne prétendrait donc pas au titre de "Napoléon VII" mais à celui de "Napoléon IV", successeur légal sur le plan constitutionnel de notre dernier Empereur, Napoléon III.

Quelle place doit être réservée alors à toutes ces grandes figures de la Famille impériale que furent nos Princes chefs de Famille ? Ils ne doivent pas être oubliées mais reconnues, non sur le plan constitutionnel mais sur le plan familial et dynastique, comme Gardiens et Protecteurs de la Couronne impériale de France, continuateurs d'une succession ininterrompue. Sans le Prince Impérial, le Prince Victor et le Prince Louis, cette succession napoléonienne n'aurait pas pu atteindre aussi intacte qu'elle est l'actuel Prince Napoléon : nous leur devons une éternelle reconnaissance.

S.A.I. Mgr le Prince Impérial

Cependant, reconnaissons que certains parmi les bonapartistes dynastiques préfèrent imaginer le Prince Jean-Christophe comme prétendant au titre de "Napoléon V". J'ai moi-même longtemps porté cette préférence. Mais elle ne peut se fonder que sur une affection à l'égard du fils de Napoléon III intraduisible en termes cohérents sur les plans politiques et constitutionnels. Comme avancé ci-avant, le Prince Impérial lui-même ne chercha jamais à se faire appeler "Napoléon IV". Ce nom de règne c'est celui de l'espoir porté par la figure exceptionnelle du Prince, un espoir brisé trop jeune et si douloureusement lors de sa mort en 1879. Faudrait-il enterrer cet espoir avec le corps du Prince impérial et déposer à côté de lui, dans son cercueil de marbre de Farnborough, le nom de "Napoléon IV" ? Je ne le pense pas - devrais-je dire, je ne le pense plus. Serait-ce manquer de reconnaissance au Prince Impérial que lui retirer la jouissance éternelle de ce nom ? Aucunement. C'est au contraire un hommage plus vibrant encore que de relever ce beau titre de "Napoléon IV" et de le porter aujourd'hui, en 2015, toujours autant chargé de gloire et d'espoir et toujours autant lié à la mémoire de cet homme fabuleux que fut le fils unique de Napoléon III et Eugénie.

Ramener sur le trône l'héritier dynastique de la Famille impériale, couronnée par la volonté souveraine du Peuple français, et poser sur son front le titre de Napoléon IV c'est en réalité réaliser les rêves inachevées du Prince Impérial et, à travers le règne de notre Empereur, Napoléon IV Jean, c'est la dynastie qui est ravivée, comme si ce quatrième règne courait depuis la mort de Napoléon III, comme si à travers le Prince Jean-Christophe Napoléon c'était également le Prince Impérial, le Prince Victor et le Prince Louis qui étaient enfin couronnés. Plus encore que son successeur, l'actuel Prince Napoléon doit pouvoir être l'accomplissement de ce que le talentueux Prince Impérial aurait dû être si l'Histoire n'avait pas bégayé une nouvelle fois en défaveur de la dynastie impériale.

Napoléon IV ce n'est pas un banal décompte numérique : c'est une âme. C'est le drapeau des légitimés impériales, l'étendard de la légitimité dynastique et populaire du monarchisme napoléonien, c'est la bannière de l'espoir et l'oriflamme d'une dynastie que les pires épreuves n'auront jamais su abattre.

Vive l'Empereur Napoléon IV Jean.
Vive la Famille impériale.
Vive la France.

6 commentaires:

  1. Corse et bonapartiste j'ai attendu un vrai prétendant Bonapartiste toute ma vie alors oui vive Sa Majesté Impériale l Empereur Napoléon IV e viva u nostru impératore e viva Napulio

    RépondreSupprimer
  2. Corse et bonapartiste j'ai attendu un vrai prétendant Bonapartiste toute ma vie alors oui vive Sa Majesté Impériale l Empereur Napoléon IV e viva u nostru impératore e viva Napulio

    RépondreSupprimer
  3. Le bonapartisme glorifie la France depuis le 19 ème siècle , et , il se caractérise par l ' expansion du territoire qui a eu lieu durant les règnes des Empereurs Napoléon 1er, Napoléon 2 et Napoléon III . Aussi , une ère nouvelle s ' adresse aux français pour continuer leur œuvre par l' existence de nouveaux territoires faits par Dieu localisés malgré leur invisibilité depuis l ' année 2013( voir le site internet : www.nouveauxcontinents.yolasite.com ) .Vive l ' Empereur et la France .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pour l'amour de Dieu, arrêtez vos délires ...

      Supprimer
  4. Bonjour...
    Napoléon IV désignant le Prince Impérial, par symétrie avec Napoléon II, semble si ancré dans l'inconscient collectif historique, qu'il paraît difficile de ne pas choisir plutôt Napoléon V pour le futur et si désiré nouvel Empereur...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ne confondez pas "l'inconscient collectif historique" des bonapartistes - qui dans ce cas est en réalité très conscient - de celui des français. Les français n'ont pas dans leur "inconscient collectif" de Napoléon IV ; pour certains, on en est à se demander s'ils savent qu'il y a eu un Napoléon III. Ne jamais confondre les réalités d'un parti - surtout aussi minoritaire que celui-ci - et celles de la patrie, ce sont des choses totalement différentes.

      Supprimer