28 mars 2015

[Manifeste] Notre bonapartisme en six affirmations


Le premier écueil du bonapartisme dans un temps tel que le nôtre, près de deux siècles après la mort de Napoléon Bonaparte et près d'un siècle et demi après la chute de Napoléon III, c'est d'être caricaturé. L'époque ne manque pas d'en user et l'adjectif "bonapartiste" est devenu aujourd'hui une épithète dépréciative lancée à la figure de divers responsables politiques au même titre que peuvent l'être "bolchévique" ou "fasciste".

Face à ce péril, le bonapartisme ne doit pas tomber dans la théorie et l'idéologie, qui ne font pas partie de son ADN, mais malgré tout nous avons un devoir de réflexion, de clarification et de définition, mission centrale dans l'entreprise de rénovation du bonapartisme.

Ce devoir, Renouveau Bonapartiste s'est déjà plusieurs fois employé à le respecter : par sa première ou sa seconde profession de foi, à travers les Dix commandements du bonapartisme ou encore avec un bref essai de définition. Si l'ensemble des publications du blog reflète fidèlement l'idée qui est la nôtre du bonapartisme, ces articles s'y emploient plus particulièrement.

L'exercice peut être difficile mais il est nécessaire, voire indispensable, et c'est dans cette optique, dans cette ambition, que s'inscrit cet essai de définition synthétique du bonapartisme en six affirmations.

Nous n'avons pas la prétention de définir un bonapartisme orthodoxe, alors que les détracteurs habituels nous dispensent de leur rage monotone : voici notre bonapartisme.

Nous sommes des monarchistes constitutionnels.

Opinion ultra-minoritaire si ce n'est folklorique en France, le monarchisme est pourtant une réalité pour plus de 160 millions de citoyens européens, soit un quart de la population du continent. En effet, dix pays souverains sont aujourd'hui des monarchies héréditaires en Europe.

Et il ne s'agit pas de régimes anachroniques maintenus malgré la défiance des peuples. Au Danemark, la monarchie est soutenue par 77% de la population (Billed Bladet, 2011). En Australie, qui pourtant ne possède pas de famille nationale résidente, et où le républicanisme n'est pas un phénomène marginal, le soutien à la monarchie était en 2012 de 58% tandis que la république rassemblait seulement 35% d'australiens (Roy Morgan). En 1999, le rapport de force était parfaitement inverse, avec 38% de monarchistes et 54% de républicains : malgré cela le référendum tenu la même année sur la forme du régime aboutit au maintien démocratique de la Couronne par 55% de "Non" à la république. En Nouvelle-Zélande, réfléchissant à l'après-Elisabeth II, 51% des habitants préfèrent l'impopulaire prince Charles pour roi à une hypothétique république soutenue par 41% des sondés (Curia Market Research, 2012). Plus près de nous, en Espagne, malgré une crise cataclysmique, les frasques de Juan-Carlos et l'inculpation de l'infante Cristina pour fraude fiscale, la monarchie bénéficiait en juin dernier d'un rapport de forces de 55% contre 35%. Le roi Felipe jouit quant à lui, aujourd'hui, d'un taux d'approbation de 70%.

Être monarchiste, ce n'est donc pas être partisan d'une opinion irréaliste et archaïque. Être monarchiste constitutionnel, c'est préférer la désignation héréditaire du chef de l'Etat à son élection. Préférer ainsi que le titulaire de la fonction suprême soit désigné par l'Histoire et la volonté nationale, inscrite dans le pacte constitutionnel et perpétuée quotidiennement par l'approbation populaire, plutôt que désigné par une minorité virtuellement majoritaire au terme d'un choix conditionné par les pressions et influences diverses exercées par les partis, les lobbys et les médias.

Être monarchiste constitutionnel, c'est vouloir un chef de l'Etat incarnant efficacement l'unité de la France et la souveraineté de son Peuple, la continuité perpétuelle de l'Etat et de la Nation. C'est vouloir un chef de l'Etat qui soit au-dessus des partis et non au coeur de leur système, qui soit le meilleur gardien de la démocratie et non la première source de périls pour elle. Car la Présidence élective divise là où la Présidence héréditaire rassemble, et que l'unité est une condition essentielle de la survie de nos démocraties. Sans unité, pas de souveraineté, pas d'indépendance, pas de liberté.

Au nom de ces principes, nous, bonapartistes dynastiques, sommes prêts à de nous mettre au service des droits historiques de Son Altesse impériale le Prince Napoléon, chef de la famille Bonaparte et héritier du trône impérial de France.

Pour un développement plus ample sur le versant monarchiste de nos convictions, n'hésitez pas à consulter les précédents (et nombreux) articles du blog concernant cette question :
- Introduction au bonapartisme dynastique ;
- L'option dynastique ;
- L'alternative dynastique, une alternative crédible ;
- La monarchie et la question européenne (ici ou ) ;
- La dimension familiale de la monarchie ;
- L'avenir bonapartiste du monarchisme français ;
- La présentation de notre Prince et celle de notre Famille impériale ;
- Des articles sur la monarchie belge, la monarchie espagnole ou la monarchie britannique.

Nous sommes des républicains d'idéal.

Nous ne sommes plus au siècle de Robespierre ni à celui de Gambetta. Opposer la monarchie à la république n'a plus aucun sens : il y a en Europe des monarchies démocratiques et des dictatures républicaines en Afrique. Il faut dépasser l'affrontement stérile des mots pour saisir l'essence des choses. Réduire la démocratie à l'élection du chef de l'Etat, c'est une caricature grotesque mais aussi une insulte lancée à l'intelligence des dizaines de millions de citoyens européens qui demeurent favorables à leurs monarchies nationales.

L'Histoire aime ce type de retournement et d'ironie dont nos convictions sont faites : aujourd'hui, pour nous, le régime monarchique est plus à même de défendre efficacement les idéaux républicains que la république elle-même. Cela peut paraître incompréhensible alors même que c'est éminemment cohérent mais, tout monarchistes que nous sommes, nous sommes également républicains, non de forme ni d'institutions mais d'idéal. Cette position s'inscrit dans une parfaite fidélité à la tradition napoléonienne puisque nos Empereurs ont su mettre le régime de la Monarchie au service de la défense intransigeante des acquis de la Révolution.

Si la République telle que nous l'entendons dans les cris passionnés de "Vive la République" qui émaillent nos discours publiques est cet élan superbe qui a fait se soulever notre Nation le 11 janvier 2015 face à la barbarie et à l'obscurantisme, 

Si la République c'est la liberté d'être et de s'exprimer,
Si la République c'est l'égalité des chances et des opportunités,
Si la République c'est la fraternité et la solidarité,
Si la République c'est le respect de chaque individu dans l'intégrité et la dignité de ses différences, ses opinions personnelles, son orientation sexuelle, son origine ethnique ou sa spiritualité intime,
Si la République c'est l'unité d'un Peuple qui dépasse ses clivages et ses querelles,
Si la République c'est la noblesse d'une Nation rassemblée pour garantir à chaque citoyen une existence décente et prospère,
Si la République c'est un optimisme inoxydable dans la France, une foi enflammée en l'Homme et une confiance indéfectible dans un avenir plus juste et apaisé,
Si la République c'est la France des Droits de l'Homme, la France de la Résistance, la France telle qu'elle est rêvée par tous les peuples du monde, alors, oui, sans aucune hésitation, nous sommes républicains, ardemment.

Si nous rejetons la république avec un "r" minuscule, la république des partis, des factions, des clans et des divisions, nous embrassons avec passion celle qui s'écrit avec un "R" majuscule et dont l'idéal généreux ne saurait être résumé à des mécaniques institutionnelles et à l'élection du chef de l'Etat.

La république dans laquelle nous vivons aujourd'hui n'a d'ailleurs plus grand chose de républicain et sa majuscule est tombée depuis longtemps. Bien des monarchies en Europe paraissent plus républicaines que notre république fatiguée. Et, demain, couronnée, il se pourrait bien que la République ressuscite dans une France monarchique où l'idéal primerait sur la forme.

Dans cet idéalisme républicain, nous sommes prioritairement attachés à l'unité, la solidarité et l'apaisement des passions, vertus dont la France a tant besoin aujourd'hui. A travers les médias, les tribunes, les discours publiques ou les interventions multiples qui animent nos journées, nous voyons le spectacle affligeant d'hommes et de femmes qui s'invectivent, s'insultent ou se caricaturent, se débattent pour qu'on retienne d'eux quatre ou cinq mots simplistes, ces fameuses "petites phrases" qui irriguent leurs ambitions carriéristes. Où est la République quand le débat se résume trop souvent à cela ? Où est la République quand on nie la dignité d'opinions différentes des siennes ? Où est la République quand la démocratie est ramenée à un abject pugilat entre de petites et mesquines agences de communications qui se prétendent "partis politiques" ?

Nous sommes des démocrates plébiscitaires.

Lutter contre le régime des vieux partis, accaparé par les carriéristes et les communicants, lutter contre cette politique-marketing, cette démocratie d'égos démagogiques, telle est l'ambition qui mène à la troisième affirmation de notre bonapartisme, sans doute celle qui réside au coeur même de l'idée napoléonienne : la démocratie plébiscitaire.

Il faut en premier lieu balayer la dérive néo-populiste qui menace l'outil référendaire. Non, nous ne sommes pas en Suisse. Non, nous ne devons pas utiliser le référendum pour trancher les questions ordinaires et agencer les affaires courantes. Qu'on se réfère à Napoléon Ier, à Napoléon III ou au Général de Gaulle, la pensée qui fonde le recours au référendum ne peut accepter qu'on brocarde ainsi cet outil. Le référendum est une discipline politique et non une arme politicienne. Il ne s'intéresse et n'enfante que de grandes choses, il ne tranche pas le calibrage des navets.

Au-delà du référendum, c'est une autre question qui se pose et il ne faut pas craindre les mots : c'est celle du plébiscite. Le plébiscite tel que nous l'imaginons est une mécanique de légitimation du pouvoir politique mais aussi une base sur laquelle se renforce sa puissance d'action. Le plébiscite c'est l'unité du Peuple, la liberté de la Nation et la force du Gouvernement retrouvées.

Nous sommes favorables à la proportionnelle quasi intégrale et, ainsi, à la représentation authentique des courants d'opinion qui traversent la France, si souvent malmenés par la tyrannie des vieux partis autorisés. Mais nous sommes aussi attachés, naturellement, à l'autorité du pouvoir exécutif. Et c'est pourquoi le plébiscite est nécessaire. Sa dynamique s'impose au-dessus des partis et la légitimité qui en est issue rabaisse les divisions et aplanit les divergences. Chaque gouvernement devrait ainsi être plébiscité : les questions de confiance ne se discuteraient plus dans les chambres parlementaires et les cabinets mais directement devant le seul souverain, le Peuple. Désigné, un Premier ministre s'adresserait à la Nation pour en recevoir la confiance, condition sans laquelle il ne peut exercer son mandat puisque sans elle il ne peut exister de légitimité démocratique, sans elle on ne peut envisager de puissance exécutive.

Et si jamais des querelles agitent la sphère politicienne, si jamais le gouvernement est contesté, voire censuré, la question doit retourner alors au Peuple, par le plébiscite. Le Peuple seul souverain, le Peuple enfin souverain, voilà la démocratie plébiscitaire.

Le plébiscite c'est sa solidité rendue à la démocratie, l'autorité de la politique réaffirmée et le respect des libertés citoyennes définitivement proclamée. Le Prince impérial, fils de l'empereur Napoléon III, disait ainsi : "Le plébiscite, c'est le salut et le droit, la force rendue au pouvoir et l'ère des longues sécurités rouverte au pays ; c'est un grand parti national, sans vainqueurs ni vaincus, s'élevant au-dessus de tous pour les réconcilier." Paroles incroyables que les siècles n'ont pu oxyder et que nous faisons nôtres.

Pour de plus amples développements sur notre conception de la démocratie, nous vous invitons à lire cet article.

Nous sommes des souverainistes pro-européens.

L'Europe telle qu'elle se construit aujourd'hui ne nous plaît pas, et c'est là une faible expression pour dire tout le rejet que nous éprouvons face à cette construction européenne dont la seule vraie "réussite" est de dégoûter les citoyens du rêve européen. Cette Europe technocratique, lointaine, bâtie pour servir des intérêts économiques et dont le dessein final est le nivellement du continent et l'effacement des Nations sous une entité fédérale aberrante, cette Europe, nous ne pouvons pas la tolérer.

Pendant longtemps, l'intégration européenne s'est réalisée sans les peuples. Aujourd'hui, elle se réalise contre les peuples et il est temps que cela s'arrête. Le délire fédéraliste doit être étouffé définitivement et les fondations de notre Europe repensées. Si nous rejetons l'Union Européenne actuelle et ses dérives, nous sommes attachés, viscéralement, à la réussite du projet européen qu'ont porté, sous des formes différentes, et en un siècle lointain, nos empereurs, Napoléon Ier et Napoléon III.

L'Europe fédérale nie la souveraineté des Peuples et des Nations mais aussi l'Histoire du continent. L'Europe que nous voulons ne nie pas ses éléments, elle se nourrit de leurs forces, elle se fonde sur eux. "Je ne crois pas que l'Europe puisse avoir aucune réalité vivante si elle ne comporte pas la France avec ses français, l'Allemagne avec ses allemands, l'Italie avec ses italiens, etc. Dante, Goethe, Chateaubriand appartiennent à toute l'Europe dans la mesure même où ils étaient respectivement et éminemment italien, allemand et français. Ils n'auraient pas beaucoup servi l'Europe s'ils avaient été des apatrides et qu'ils avaient pensé et écrit en quelque espéranto ou volapük intégré." Ainsi parlait le Général de Gaulle il y a cinquante ans ; telle est plus que jamais notre pensée aujourd'hui.;

Cependant, d'un péril l'autre, nous ne voulons pas plus l'Europe des fédéralistes que celle des eurosceptiques, cette dernière étant en fait la négation du projet européen. Nous voulons l'Europe des Souverainetés, une Europe démocratique, construite par les peuples et pour les peuples d'Europe, espace de régénération et de protection de nos souverainetés nationales malmenées par la marche des siècles.

La construction européenne ne doit être ni démantelée ni abandonnée, nous ne pouvons offrir pour tout avenir aux générations futures le retour en arrière et l'abandon de décennies de rapprochements qui ont su, au moins, offrir à notre continent un bien plus précieux que tout autre : la paix.

L'Europe ne doit pas mourir, l'Europe doit changer, fondamentalement, trancher sa nature ambiguë et embrasser avec sincérité un modèle confédéral, rejeter les fumisteries toxiques du fédéralisme, le cauchemar d'un monde post-national, globalisé et nivelé, uniforme.

Nous ne sommes pas sceptiques, nous sommes optimistes. Des euro-optimistes animés de la conviction que les peuples finiront par imposer à leurs dirigeants la clarification du projet européen et sa transformation en Confédération respectant les souverainetés populaires et nationales. Nous ne sommes ainsi pas davantage anti-européens mais alter-européens, européens alternatifs, plus simplement des confédéralistes.

Pour connaître le détail de nos propositions institutionnelles sur l'Europe, consultez cet article.

Nous sommes des progressistes honnêtes.

Imaginer le bonapartisme comme un sourcilleux conservatisme est la chose la plus révoltante qu'on puisse entendre. Napoléon Ier, bien entendu, fit tant pour le progrès qu'à lui seul il nous fit passer de la France du XVIIIe à celle, moderne, du XIXe. Il réorganisa le territoire, la religion, l'éducation, et tant d'autres choses. Napoléon III plus encore installe le bonapartisme dans le camp du progressisme. Il fit sortir Paris de sa chrysalide médiévale pour en faire la fabuleuse capitale que nous connaissons. Il chercha à développer le système des retraites et celui de la protection sociale. Il donna aux employés un statut juridique égal à leurs patrons. Il octroya aux ouvriers le droit de grève. Pour l'école, son règne fut, notamment avec la collaboration de Duruy, la préfiguration de l'école de Jules Ferry : école gratuite et obligatoire, éducation des jeunes filles, etc. Il fut le grand promoteur du chemin de fer et n'hésita pas à rompre avec les doctrines économiques dominantes.

Jamais un Bonaparte n'a tremblé devant la nécessité de faire triompher la cause du progrès sur celle d'une tradition immobile et mortifère. Jamais aucune idéologie n'a empêché un Bonaparte d'oser le progrès de la France. Mais la devise sociale la plus célèbre du bonapartisme n'est pas pour autant "Progrès, Progrès, Progrès à tout prix !" mais "Ordre et Progrès".

Le progrès ne peut s'inscrire que dans un contexte d'ordre. Sans ordre, il n'y a pas de progrès réel, il n'y a pas de progrès possible. Sans ordre, les avancées s'embourbent et, quand bien même l'esprit le plus généreux dominerait, la réaction triomphe. Le désordre est le premier ennemi de la liberté et du progrès, ce sur quoi se fondent toutes les réactions. Tout progrès doit être accompli dans l'unité et sans hystérie.

C'est ainsi que concernant l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe, nous avons pris position en faveur de la loi, contre le conservatisme et l'ingérence des religieux. Cependant, nous avons également vertement critiqué l'affligeant pugilat qu'on nous donna pour tout "débat". Et malgré notre opposition à tout argument religieux dans le débat public, nous sommes favorables à une laïcité napoléonienne à la fois forte et bienveillante, protectrice des libertés spirituelles et de l'héritage historique de la France. Ordre et Progrès, sans idéologie.

Au cours de l'histoire de ce blog, nous avons formulé nos humbles propositions sur la réforme territoriale que nous estimons nécessaire, tout en rejetant la sidérante réforme proposée par le gouvernement et sa ridicule improvisation. Sur la question de la monnaie, nous ne rejetons pas l'euro mais nous ne sommes pas naïfs quant aux handicaps de ce système européen et, comme nombre d'autres souverainistes, nous préférerions la juste mesure d'une monnaie plus commune qu'unique. Nous sommes naturellement profondément révulsés par l'islamophobie, haine stérile en décalage total avec l'esprit qui pouvait présider à la politique arabe de l'empereur Napoléon III, tissé de respect, de dialogue, de modération et d'esprit d'unité. Nous sommes aussi opposés à toute légalisation future du canabis, pseudo progrès qui n'apporterait, justement, que désordre et servitude.

Tout autant attachés à l'Ordre qu'au Progrès, nous ne servons la cause du second que s'il n'entrave pas le maintien du premier. Au contraire, pour nous, bonapartistes, le Progrès doit être un outil au service de l'Ordre : une société progressiste, où l'oppression disparaît au profit de l'émancipation, où le progrès social offre à tous la jouissance de sa dignité par l'extinction du paupérisme, où le progrès sociétal protège des discriminations et assure à tous le droit à l'expression de son être, où le progrès libère sans attenter à la discipline de la communauté, c'est une société d'ordre et de fraternité.

Nous sommes des citoyens du vingt-et-unième siècle.

Notre ultime affirmation pourrait paraître décalée et anecdotique en comparaison des précédentes. Elle est pourtant, en réalité, absolument fondamentale : sans elle, il ne peut y avoir de rénovation du bonapartisme, il ne peut y avoir de bonapartisme du XXIe siècle. Face aux caricatures et aux raccourcis, nous devons affirmer notre identité avec autant de fidélité que de modernité.

Nous ne sommes pas les sujets d'un siècle évanoui. Nous ne sommes pas nostalgiques de temps lointains. La nostalgie est un sentiment totalement étranger au bonapartisme. Napoléon Ier comme Napoléon III n'utilisèrent le passé que comme source d'inspiration au service de la modernisation de la France, ils n'en firent jamais un sanctuaire ou un modèle pur et parfait à reproduire indéfiniment. Ils avaient, plus que tout autres hommes d'Etat de notre passé, la conscience aiguë que l'Histoire est toujours en marche, que rien n'est éternel et que, surtout, rien ne peut se perpétuer sans cette conscience des réalités modernes.

Le bonapartisme ne peut se réduire à un culte quasi religieux. La politique bonapartiste et le souvenir napoléonien sont deux choses éminemment respectables autant qu'éminemment différentes. Fiers, follement fiers de notre passé, celui-ci ne doit pas pour autant saturer notre imaginaire et nos discours, au risque de reléguer le bonapartisme dans la caricature d'un courant réactionnaire et passéiste.

Il n'y a de place dans nos coeurs à aucun sentiment de revanche puéril prenant source dans des querelles vieilles de décennies innombrables. Il n'y a pour nos esprits aucune seconde à perdre à vouloir rejouer des actes sur lesquels le rideau de l'Histoire est tombé depuis longtemps. Ennemis irréductibles pour le temps présent de l'esprit de parti, nous ne pouvons décemment nous autoriser à regarder d'un oeil partisan les temps passés.

Nous ne voulons pas le retour des constitutions de 1804 ou de 1852. Nous ne voulons pas d'un gouvernement archaïque où l'empereur règne et gouverne. Nous ne voulons pas que le Prince Napoléon se hisse à la tête d'une République consulaire ou d'un Empire autoritaire. Nous appartenons pleinement aux temps démocratiques.

Nous ne poursuivons pas d'une haine insensée l'Angleterre et son Peuple. Nous aimons d'un attachement sincère cette noble et fière Nation, modèle de souveraineté et d'indépendance, que des situations historiques aujourd'hui fanées nous incitaient à surnommer alors "Perfide Albion". De même, il n'y a pour nous de l'autre côté du Rhin que des cousins allemands et nul prussien. Nous n'accusons pas davantage le régime républicain d'illégitimité à cause de son origine contestable du 4 septembre 1870 : si à l'époque la France fut menée de l'Empire à la République par la faiblesse des uns, l'opportunisme des autres et la trahison de certains, le temps a depuis passé.

Notre champ de bataille, c'est la France d'aujourd'hui, menacée dans son unité et dans son indépendance, dans sa souveraineté, sa liberté et sa grandeur, mais portant en elle toutes les ressources pour affronter les défis et les périls du XXIe siècle. Les combats d'hier ne sont pas les nôtres. Le bonapartisme n'est ni réactionnaire ni nostalgique. L'idée napoléonienne, c'est la confiance dans l'avenir. Un avenir fondamentalement meilleur.

"[L'idée napoléonienne] ne suit ni la marche incertaine d'un parti, ni les passions de la foule ; elle commande par la raison, elle conduit parce qu'elle marche la première." Ainsi parlait en 1840 le prince Louis-Napoléon Bonaparte, futur empereur Napoléon III. Croyez, Majesté, que nous demeurons fidèles à vos paroles intemporelles et, toujours, aujourd'hui encore, dans la France du XXIe siècle, nous, bonapartistes, nous marcherons les premiers.

10 commentaires:

  1. Absolument, nous devons marcher les premiers, nous devons conserver ces idées, nous devons penser à l'avenir, nous devons nous impliquer politiquement, pour le bien de la France, pour l'honneur de notre Empereur, pour l'ensemble de la postérité.

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  2. Bonjour, Renouveau bonapartiste

    Je suis un lecteur passionné de votre blog, quand j'ai commencé à avoir ma conscience politique, j'ai réfléchit aux rôles du chef de l'Etat entre autre et j'en suis devenu monarchiste, puis en ayant surfé sur les différends sites monarchistes, en ayant regardé les profils des différends princes, j'ai finalement adhéré aux principes du bonapartisme dynastique et que j'adhère de plus en plus à vos idées.

    Un chef de l'Etat héréditaire peut être vu comme injuste mais je crains que ce système est souhaitable car il apporte pas mal d'avantage comme un arbitrage plus indépendant, le fait d'avoir un chef d'Etat pour tous aussi bien pour les gens de gauches que pour ceux de droites, le fait d'avoir pour chef d'Etat une image forte valeur de ciment etc...
    La République vient du latin Raes Publicae la chose publique donc oui il faut être monarchiste et républicain.
    Pour le gouvernement, je pense que le chef du gouvernement doit être élu au suffrage universel direct et que c'est à lui de posséder le pouvoir exécutif, je suis aussi attaché au bicamérisme car je pense que ce système permet d'avoir un contre-pouvoir dans le Parlement même.
    Une Europe confédérale ? je préfère une Union économique et militaire entre état souverain car une confédération gère la politique étrangère et je ne veux pas laisser la politique étrangère de la France à Bruxelles.
    Les humains évoluent et le progrès doit se faire mais le progrès ne doit pas nous faire oublier nos racines et nos traditions donc oui le progrès doit être contrôlé.

    PS : je voudrai vous demander quelque chose : si vous tapez sur Google "la monarchie comme ciment" vous tomberez sur un article d'un journal belges qui interview un républicain belges. Pourriez-vous lire cet article et dire ce que vous penser de sa prose ? Car pour battre nos rivaux nous devons connaître leurs opinions.

    Vive la République !
    Vive l'Empereur Napoléon VII Jean

    Cordialement

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    1. L'interview dont vous parlez est celle-ci : http://www.levif.be/actualite/belgique/le-ciment-du-pays-ce-n-est-pas-le-roi-mais-la-dette-publique/article-normal-95989.html.

      Les arguments de belge républicain me paraissent incroyablement faibles et décalées. L'ignorance, voilà le fondement du républicanisme.

      "Même si le roi tue sa femme ou renverse un enfant à moto, personne ne peut l'interpeller ou le condamner." Comment peut-on attribuer le moindre sérieux aux propos d'un homme qui affirme une telle chose ? Si un Roi tuait sa femme ou renversait un enfant, il serait immédiatement l'objet d'une forte contestation populaire, descendrait du trône, serait jugé, et sans nul doute la monarchie s'écroulerait avec lui !

      De même, prenons cette phrase : "L'étymologie de monarchie, c'est le pouvoir confié à une seule personne alors que, pour la république, c'est la chose publique confiée à tous les citoyens." Ah ! Je ne savais pas qu'en Belgique le roi Philippe régnait ET gouvernait, je croyais, naïvement, sans doute que c'était le Premier Ministre Charles Michel, désigné suite à des élections démocratiques, qui gouvernait.

      On voit toute la bêtise de l'argumentaire républicain : si "la république, c'est la chose publique confiée à tous les citoyens", alors la Belgique est une république.

      Enfin, il y a une méconnaissance du rôle des familles royales, qu'il rejette avec arrogance. De surcroît, il rejette l'inutilité de la Couronne tout en commettant un paradoxe : le Roi n'aurait aucun pouvoir (si ce n'est de délivrer des, je cite, "mièvreries") MAIS la NVA n'aurait pas pu entrer au Gouvernement uniquement à cause de la volonté du Roi de ne pas en vouloir dans "son" gouvernement ...

      Bref, aucun argument de ce monsieur ne tient, il se contredit de manière interne, enfile des perles et des mensonges. Voilà ce que je pense de ses propos.

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    2. Bonjour, Renouveau bonapartiste,
       
      Je vous remercie de votre réponse, j’avoue que moi-même j’avais préparé une réponse mais je préférai demander l’avis de quelqu’un de plus disons mûre que moi.
      Quoi qu’il en soit, j’ai préparé ma réponse à ses arguments, pouvez-vous me dire ce que vous en pensez ? merci. PS: vu la longueur du message, je vais le publier en plusieurs fois. Je ne veux pas vous embêter mais je préfère être prêt quand je ferai des débats pour défendre notre empereur.
       
      « Je vous retourne la question. Comment se fait-il que certains, au XXIème siècle, veulent à tout prix garder un régime qui remonte à bien avant Nabuchodonosor et qui, par essence, est inégalitaire ? Mes valeurs, ce sont l'égalité, la fraternité et la liberté. »
       
      Là, il nous sort un préjugé trop souvent ressorti dans nos sociétés voulant que ce qui est ancien soit mauvais mais que ce qui est moderne soit bien or il existe des choses anciennes très bien. D’ailleurs, je ne vois pas en quoi la république serai moderne, Rome dans l’Antiquité a bien était une république, Venise au Moyen-âge, une république et puis la plus vieille république d’Europe, Saint-Marin, a été créé en 306 et seulement trois éléments ont changé depuis (le suffrage masculin, le suffrage féminin et le nom du Parlement ». Quant à ses valeurs, moi je préfère largement la liberté à l’égalité. Il est vrai que la monarchie est inégal mais bon, si cette inégalité permet d’avoir un chef de l’Etat efficace et cimentant alors je suis prêt à faire se sacrifice car la politique est souvent affaire de sacrifice

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    3. « Je vous retourne la question. Comment se fait-il que certains, au XXIème siècle, veulent à tout prix garder un régime qui remonte à bien avant Nabuchodonosor et qui, par essence, est inégalitaire ? Mes valeurs, ce sont l'égalité, la fraternité et la liberté. »

      Là, il nous sort un préjugé trop souvent ressorti dans nos sociétés voulant que ce qui est ancien soit mauvais mais que ce qui est moderne soit bien or il existe des choses anciennes très bien. D’ailleurs, je ne vois pas en quoi la république serai moderne, Rome dans l’Antiquité a bien était une république, Venise au Moyen-âge, une république et puis la plus vieille république d’Europe, Saint-Marin, a été créé en 306 et seulement trois éléments ont changé depuis (le suffrage masculin, le suffrage féminin et le nom du Parlement ». Quant à ses valeurs, moi je préfère largement la liberté à l’égalité. Il est vrai que la monarchie est inégal mais bon, si cette inégalité permet d’avoir un chef de l’Etat efficace et cimentant alors je suis prêt à faire se sacrifice car la politique est souvent affaire de sacrifice

      « C'est bien sous la monarchie que la Belgique a connu une crise politique d'une longueur historique qui a fait rire ou sourire toutes les républiques du monde. On attribue à Albert II la sortie de crise, il faut rappeler qu'il a d'abord ramé pendant 541 jours... »

      Une crise met toujours du temps à être réglé et, ne lui en déplaise, je pense que le roi Albert II a mis fin à la crise en parti parce qu’il était un chef d’Etat hors parti, il a su être le conciliateur entre la gauche et la droite. A mon avis, un chef d’Etat élu n’aurai pas été si efficace car il aurait été à coup sûre été accusé de vouloir favoriser son camps enfin s’il y avait encore eu un président de la République car vu la crise il aurait certainement été contraint de démissionner. D’ailleurs, que pense-t-il du Liban qui n’a plus de président depuis près d’un an ?

      « Deux réponses à cela. Primo : dans une république, les dépenses du chef de l'Etat sont contrôlées » « récemment, avec Sarkozy, à qui les français n'ont jamais pardonné le goût du luxe du début de son quinquennat. »

      Les dépenses du chef de l’Etat républicain sont certes contrôlées mais cela ne veut pas dire que ce contrôle sert à quelque chose ! il parle de Sarkozy mais il parle bien du Sarkozy qui a perdu les élections car il n’a eu que 48%de voix montrant qu’une bonne partie des votants étaient d’accord pour l’avoir à nouveau comme président de la République ? ce même homme qui, malgré toutes les affaires qu’il a sur le dos est revenu en fleur et est devenu président de l’UMP ? et bien, ça ne sert à rien de le contrôler !

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    4. « En Uruguay, le président Mujica a continué à vivre après son élection dans une fermette en touchant 900 euros par mois. »
      Et combien de président vivent-ils dans une fermette avec 900 euros par mois ? combien voudraient-ils le faire ? et puis qui dit que ce n’est pas là une propagande électorale ? (venant de Mujica je ne crois pas mais bon, on ne sait jamais). Cela dit, il est vrai que les rois devraient vivre plus modestement, ils n’ont pas besoin d’autant d’argent non ? en ce qui concerne la fermette et bien je pense que le palais fait partie de la symbolique du chef de l’Etat et que celui-ci doit y vivre mais bon c’est mon avis ?

      « Le roi est au- dessus des lois. On a dû l'admettre récemment à propos de la recherche en paternité lancée par la malheureuse Delphine Boël. Même si le roi tue sa femme ou renverse un enfant à moto, personne ne peut l'interpeller ou le condamner. Me déplait aussi le fait que, même s'il se montre simple et gentil avec les ''petites gens'', son seul ''cercle'', au roi, c'est la noblesse. »

      Tous chefs de l’Etat est au dessus des lois et heureusement car sinon il serai trop facile de le renverser et je ne vous dit pas les crises…
      En ce qui concerne Delphine Boël, je regrette aussi que l’affaire n’ait pas abouti, j’aurais bien aimé connaître le fin mot de l’histoire. Mais bon, que notre républicain regarde l’histoire contemporaine et qu’il remarque deux choses : primo le président de la République François Mitterrand a vu peut après son élection sa seconde famille se manifester pour être reconnu, l’Elysée a tenté d’étouffer l’affaire mais que Mitterrand a fini par reconnaître car le people s’en est mêlé (merci la peopolitisation que beaucoup exècrent) et que le peuple trouvait cela classe un président qui a deux femmes. Secundo, le prince Albert II de Monaco a bien fini par reconnaître ses deux enfants nés hors-mariage et il les élèvent comme ses propres fils et je ne parle pas de tous nos présidents qui ont eu des maîtresses ! En ce qui concerne les assassinats je suis d’accord : un roi meurtrier serai trop décrié et finirai balayé par la haine populaire. Pour son cercle d’amis, tous chefs de l’Etat à ses cercles d’amis mais bon depuis quand est-ce illégal d’avoir des amis ?

      « Toutes les républiques du monde sont peuplées de gens et d'électeurs de droite comme de gauche »

      Et la plupart des monarchies sont peuplés par des gens de gauches comme de droites saufs qu’ils sont uni par le roi….

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    5. « La N-VA est présentée, côté francophone, comme un épouvantail, un répulsif, un croque-mitaine »
       
      Un peu comme le Front National en France qui est représenté comme étant l’incarnation du mal par l’UMP comme par le PS qui espèrent ainsi récupérer des voix !
       
      « : tous les socialistes sont républicains »
      Ce phrasé ressemble à ce que l’on disait au XIXème siècle comme quoi un socialiste devait forcément être athée car seul les athées se soucient du bien être terrestre, préjugé qui n’a pas encore disparu, le penseur protestant et communiste Stéphane Lavignotte à moult fois affirmé que beaucoup de militants socialistes pensent que seuls les athées sont socialistes. En tout cas, il existe bel et bien des monarchistes sensible aux idées de justice sociale que défend la gauche, et que pense notre républicain du Parti Carliste, parti monarchiste espagnol très proche de l’extrême-gauche, du Renouveau Royaliste de Renouvain qui est proche de la gauche ou du fait que le roi du Cambodge Norodom Shianouk a été proche des idées de la gauche tandis que les républicains de Lon Nol ont été très proche des réactionnaires ?
       
       « Mais, comme la couronne de Belgique n'est pas bien lourde, puisque ce sont les conseillers et les ministres qui font tout le boulot, » « Si la Belgique a besoin, comme ciment, d'un roi le plus souvent muet et dont le rôle principal est de débiter des mièvreries écrites par d'autres, à la télé, deux fois par an, ou de "recevoir" aux frais de la princesse (ou plus exactement, de ses sujets), » « Un président peut n'avoir qu'un rôle de médiateur charismatique »

      Ces phrases sont très contradictoires. Il nous affirme que la monarchie belges est inutile car elle est faiblement puissante étant donné que le roi se contente d’être un type qui débite des mièvreries écrites par d’autres et de recevoir aux frais des sujets les diplomates étrangers. Or, il nous dit qu’il veut un président de la République honorifique ! pourtant un tel président aussi ne fait rien d’autres que de débiter des mièvreries écrites par d’autres et de recevoir des diplomates aux frais du peuple ! Quant à moi, je pense que seul un chef d’Etat héréditaire peut être un arbitre efficace car il n’est pas dépendent des mouvements politiques.

      Voilà, c'est terminé, j'espère ne pas vous offenser ou vous déranger, Renouveau Bonapartiste mais je tiens tant à être prêt pour les débats...

      Cordialement

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  3. Bonjour, j'aimerai savoir comment adhérer au "renouveau français ? Y'a t-il un siège ? y'a t-il des réunions ? Je suis de Montpellier. Merci d'avance.

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    1. Le renouveau bonapartiste désolé :D

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    2. "Renouveau Bonapartiste" se pense comme mouvement d'opinions et non comme une structure politicienne. Nous ne pouvons décemment vouloir "rénover" quoi que ce soit en commençant par reprendre des structures aujourd'hui dépassées et que la France n'a jamais porté dans son coeur. Le seul militantisme des bonapartistes sympathisants de ce blog réside dans la fidélité, le partage de ses articles, la réflexion personnelle et le soutien aux pages communautaires de "Renouveau Bonapartiste".

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