15 juin 2013

L'option dynastique du bonapartisme

Trône de Napoléon

Un investissement d'avenir : voilà comment il faut envisager l'adhésion à l'option dynastique du bonapartisme. Aujourd'hui en berne, le bonapartisme ne risquerait-il pas de se marginaliser en adoptant une approche monarchique des institutions ? Peut-être aujourd'hui, mais aucunement demain, quand la réalité apparaîtra dans toute sa force. Le rêve est beau, l'ambition est grande et la logique qui nous mène à embrasser cette option dynastique nous paraît implacable. On ne peut l'ignorer.

En premier lieu, il faut balayer l'opposition stérile et caricaturale entre d'un côté la République progressiste et démocratique et de l'autre une Monarchie censée rétrograde et aristocratique. La vraie ligne de partage n'est plus aujourd'hui entre la République et la Monarchie. On s'en convainc facilement en constatant qu'un pays comme les Pays-Bas, monarchie, a une culture nettement plus républicaine que le nôtre, où d'ailleurs réside le dernier pouvoir réellement "monarchique", au sens premier du terme. En effet, comment appeler un régime où un homme, le Président, détient autant de pouvoir ? Une monarchie élective. Si bien que la ligne de partage historique ne tient plus.

La division passe désormais entre présidence élective et présidence héréditaire (nous pouvons aussi dire "historique"). D'un côté, le peuple désigne par la voie des urnes son chef d'Etat. De l'autre, c'est la constitution appuyée sur l'Histoire et le consentement du peuple qui règle la succession au sommet de la Nation, le fils ou la fille succédant au père ou à la mère.

La présidence élective a mille défauts. Elle paraît plus démocratique, mais cela n'est qu'un vernis de façade. En effet, le peuple choisit-il vraiment son représentant ou doit-il davantage faire le tri entre des candidats adoubés par les médias et les partis ?

La mystique du lien direct entre le chef de l'Etat et le peuple, portée une dernière fois par le Général de Gaulle, et qui s'inscrit dans la continuité de la mystique capétienne, ne peut plus exister aujourd'hui dans notre République médiatique dominée par les partis. De surcroît, où est la démocratie lorsque le chef de l'Etat n'est élu par grosso modo qu'un tiers des citoyens ? S'il rassemble une (parfois courte) majorité des suffrages exprimés, il ne dépasse jamais le tiers des citoyens inscrits, et sans en décompter les votes par défaut.

La fiction du "président de tous les français" est construite sur du vent. De l'autre côté de la Manche, non élue, la reine Elizabeth II, après soixante ans de règne, bénéficie d'une popularité de plus de 80%. Le lien mystique direct entre la Reine et son peuple est ici bel et bien réel. Il s'est construit avec la force du temps et de l'Histoire, là où le lien supposé entre le Président et la France n'est qu'une illusion médiatique et épisodique. Non élue, la reine ne peut régner, au nom de l'Histoire, qu'avec le consentement implicite et l'affection de son peuple, plébiscite de chaque instant.

L'élection ne fait ainsi ni la démocratie ni la représentation. Au contraire, l'élection divise, elle détruit et elle dresse entre les français des barricades virtuelles. L'élection, c'est la toute-puissance des partis. La présidence élective, c'est-à-dire l'élection de l'incarnation nationale, c'est livrer l'unité nationale et la grandeur patriotique en pâture aux partis. Le Général de Gaulle l'avait bien compris, éternel pourfendeur de ce régime, lorsqu'il affirmait que seule la monarchie convenait à la France.

Songeant à se retirer de l'élection de 1965 parce que devant disputer un second tour, Charles de Gaulle ne faisait pas là un caprice de despote mais la preuve de sa hauteur de vue et de la certaine idée, infiniment exigeante, qu'il avait de la fonction de chef de l'Etat.

Face aux divisions et aux clivages, aux popularités éphémères et à l'explosion de la Nation (préjudiciable à l'heure tragique d'un expansionnisme européen pseudo-démocratique), la "présidence héréditaire", c'est-à-dire le principe dynastique, rassemble, réconcilie, incarne et protège. Il perpétue la continuité nationale au-delà des ruptures contingentes. Le trône est une barrière infranchissable pour les esprits cosmopolites épris de théories abracadabrantesques qui rêvent de voir les Nations se décomposer. Tant qu'un roi régnera en Angleterre, l'Angleterre vivra. On ne peut en dire autant au sujet de la France et de son Président.

Le régime électif est une hypocrisie où on nomme "arbitre" le chef d'une des deux équipes se disputant le terrain. Une hypocrisie fumeuse où on demande à quelqu'un dont on attend un "gouvernement" de "régner". Car si le monarque règne mais ne gouverne pas, le Président de la République, lui, archaïsme consternant, gouverne ET règne. Distributions de Légions d'Honneur, inaugurations de divers événements, représentation à l'internationale, incarnation de la Nation, etc. Tant de missions qu'on peut déférer à un monarque, désigné par l'hérédité, c'est-à-dire l'Histoire commune.

La monarchie c'est l'assurance d'un arbitre véritable, d'un chef d'Etat authentiquement national, d'un chef d'Etat réellement au-dessus des partis. Adhérer au principe monarchique c'est adhérer à l'idée selon laquelle une Nation est toujours plus grande que les diverses factions qui la constituent.

Le principe électif, c'est le triomphe régulier de clans et de cliques. Le principe héréditaire, c'est le triomphe éternel de la Nation.

A ce moment de la réflexion, il est bon de rappeler que le principe héréditaire n'exclut pas l'idéal républicain. Aujourd'hui, nous vivons dans une république institutionnelle dont l'âme est pleinement monarchique. Demain, le principe dynastique rénové nous permettra de vivre dans une monarchie constitutionnelle dont l'âme sera parfaitement républicaine. Le principe dynastique au XXIe siècle c'est le sacre de la République.

Une fois le principe accepté, reste une question : quel prince ? Ils sont trois à prétendre : l'orléaniste comte de Paris (et après lui son fils, le duc de Vendôme), le légitimiste duc d'Anjou, et enfin le napoléonien prince Napoléon. Si c'est ce dernier qui réunit nos suffrages ce n'est pas seulement par admiration pour ceux dont il est l'héritier direct.

Les prétendants orléanistes et légitimistes ont un défaut qui fausse tout leur sincère désir de monter un jour sur le trône de France : ils ont choisi l'engagement plutôt que la neutralité.

Le révélateur le plus accablant de ce choix, libre mais controversé, fut le débat sur le mariage pour tous. Le duc d'Anjou a publié un manifeste pour prendre position, brisant son devoir royal, et, plusieurs semaines après, via son site, l'Institut Duc d'Anjou, faisait la promotion d'un nouveau site "d'actualité légitimiste" dont la ligne éditoriale est le royalisme le plus rétrograde possible. De son côté, le duc de Vendôme a commis, malgré ses qualités personnelles incontestables, l'erreur funeste de descendre parmi les manifestants opposés à la loi Taubira.

Imagine-t-on la reine d'Angleterre ou le roi d'Espagne se joindre à leurs compatriotes pour affirmer leur rejet personnel d'un projet de loi ? Historiquement et politiquement, sur un plan aussi bien constitutionnel que moral, ils sont conscients qu'un devoir sacré les prive de leur droit d'opinion : les monarques européens signent les lois de leurs pays sans jamais exprimer d'avis personnel. Les princes de nos familles royales n'en ont malheureusement pas fait autant, affaiblissant leurs droits moraux à un trône qu'il s'agit en premier lieu de reconstruire et non d'occuper.

Ainsi, pour l'heure, seul le Prince Napoléon peut réellement incarner la France car seul le Prince Napoléon se tient encore au-dessus des partis. Seul le Prince Napoléon peut incarner l'Histoire de France, sans exclusive ni anathème, héritier de nos Rois et de nos Républiques. Là où les prétendants royalistes s'affirment trop comme les successeurs des "Rois qui ont fait la France", le prétendant impérial est l'héritier des Rois et des Républiques qui ont fait la France, il est l'héritier de la Nation, le fils aîné de la France.

A cela s'ajoute, évidemment, et avec quelle acuité pour nous, qu'il porte dans son sang comme dans son nom, et dans son titre, la plus grande gloire de l'Histoire, Napoléon, et l'héritage du plus audacieux de nos chefs d'Etat, Napoléon III. Bon sang ne saurait mentir, dit-on.

19 commentaires:

  1. Hé, "Option dynastique implacable" c'est vite dit, en tant que bonapartise, j'adhère aux idées du bonapartisme. En tant que Républicain, je rejette toute dynastie! Hé qui me dit que l'homme né d'un Roi est aussi sage que ce dernier.

    Nous aurions nous laissé gouverner par Charles le Fou?

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    1. Un seul roi fou sur 44. Combien de présidents incompétents ? Et de surcroît, c'est Napoléon le Grand lui-même qui disait "Il y a plus de chance d'avoir un mauvais monarque par élection que par hérédité".

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    2. Aujourd'hui, la France est divisée. Quelle en est la cause ? La République. Pourquoi ? Parce que le président de la République n'est pas le lien entre les citoyens. Il n'est pas au-dessus des partis. Aujourd'hui, le président est le chef de la gauche et non de la France toute entière. Prenons l'exemple de la Belgique. Que serait ce merveilleux pays si il n'y avait pas de roi. C'est très simple. La Flandre et la Wallonie ferait scission. Un bonapartiste veut l'unité de la Nation. Il faut donc un homme qui créé ce lien entre les Français. Un empereur qui ne sert à rien car il ne gouverne pas. Pourquoi ne gouvernerait-il pas ? Je propose qu'en cas d'Empire, le peuple, comme lors d'une élection, tout les cinq ans, décide si l'empereur peut ou non cumuler la charge de chef de l'Etat avec celle de chef du gouvernement. Une dérive autoritaire ? Et si l'empereur ne pouvait pas dissoudre le Parlement ? Il émane du peuple, il est donc légitime. De même que le Parlement ne peut pas renverser le gouvernement sans l'avis de l'empereur.
      Si tu veux, j'ai fait un organigramme d'une constitution d'un éventuel IIIe Empire. Mon adresse électronique : pmassigny avec hotmail.

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  2. ElizabetH et ses 80% de Popularité dans les sondages... Certes...certes jeuneq hommes mais notre charmant vieille dame ne gouverne plu!

    Et depuis quand devons nous nous plier aux sondages de popularité?

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  3. Le principe dy astique est la mort de la République, les deux termes sont des antithèses

    L'étudiant fantasque d'un "lycée sur la montagne"

    non loin de Saint Etienne du Mont...

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  4. "Je ne suis pas là pour inaugurer les chrysanthèmes!" Général de Gaulle

    Quel est le rôle pratiqe de se souverain qui distribue des légions d'honneur? Inaugure les batome les batiments publics?

    Vous plaidez en la faveur d'un nouveau René Coty!

    Un bonapartiste baffoué dans son droit d'expression

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    1. Mais où votre p**** de droit d'expression est-il bafoué ?!? Votre commentaire n'est-il pas publié comme tous les autres ? Cessez cette indignation absolument déplacée ! Et quant à argumenter contre vous, votre argumentation est trop caricaturale pour que perde mon temps à la combattre. Je crois avoir bien développé qu'un chef d'Etat avait une fonction symbolique au service de l'unité de la Nation.

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  5. Bon sang ne saurait mentir...

    Ronald Reagan était venait d'une famille avdc père alcolique
    Senghor ne venait de nul bourgeoisies,

    Et vos exemples des differentes familles de la monarchie se sont tous fourvoyé malgré leur "bon sang"!

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    1. Ceci était une expression littéraire sans grande portée argumentative.

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  6. Il est évident que si nous prônons l'option dynastique, ce ne peut être que le Prince Napoléon. Le bonapartisme n'est pas monarchique et si un courant similaire pourrait relever la Nation, ce ne peut être qu'une dynastie, mais bonapartiste. Nos idées ne peuvent accepter que le Prince Napoléon comme futur souverain. Il ne peut en être autrement.

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  7. Napoléon ayant créé sa dynastie, le bonapartisme ne peut être que dynaste tant qu'il existera une famille impériale, sachant que l'Empereur a toujours régné ET gouverné (sauf dans la phase parlemantaire du second empire qui a fini en cauchemar).

    C'est toute la différence avec le gaullisme.

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  8. Napoléon Ier fut Empereur de la République, Napoléon II règna 15 jours sur la France et Napoléon III Empereur de Français. Les bonapartes ont su allié monarchisme et république dans une seule et même légitimité. Il me semble que c'est l'option dynastique qui doit être prônée.

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  9. Qu'en est-il de tout ce qui est des symboles et de l'installation de l'empereur ? Quel palais impérial serait choisi ? Reprendriez vous les couronnes qui sont dans les musées ? Garderions le coq et Marianne comme symbole ?

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    1. Détails qui attendront que le principe général ait triomphé. En dehors de cela, le Coq et Marianne ne sont que des symboles officieux de la République, rien d'important. Une Marianne couronnée serait parfaite, quant au Coq il conservera sa place en certaines places (l'aigle reprenant son rôle légitime).

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  10. Comment feriez vous pour parvenir au pouvoir ? Coup d'état ?!? Ou élection comme Napoléon III ?

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    1. Le bonapartisme c'est la défense indéfectible de la souveraineté populaire. Par la volonté du Peuple, évidemment, comment peut-on se poser cette question ? "Arriver au pouvoir", voilà une ambition bonne pour les arrivistes ; notre idéal, c'est le triomphe de nos principes, pas de nos personnes.

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  11. Je comprend tout à fait que l'on puisse admirer nos deux empereurs que furent Napoléon Ier et Napoléon III, de même que je suis bonapartiste (en tant que courant politique) mais je ne comprend pas que l'on puisse être partisan du bonapartisme en tant que dynastie... Contrairement aux rois de France, ces empereurs n'étaient pas légitimes ; ils n'ont gagné leur légitimité que grâce à leurs actes... Leurs descendants ne sont donc absolument pas légitimes pour accéder au trône...

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    1. Lorsqu'ils arrivèrent au pouvoir, les Mérovingiens, Carolingiens et Capétiens n'étaient pas plus légitimes. Avant d'être notre Empereur, Napoléon III fut le premier président de la République (élu au suffrage direct avec un score de 74,33%).

      Comment peut-on être bonapartiste sans Bonaparte ?

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  12. la république francaise est moribonde ces dirigeants sont incapables de defendre l unité de la nation,s il y a un troisieme empire je serais pret de preter allegeance a son altesse imperial,napoléon 1er le grand et napoléon 3 c est la grandeur de la nation l unité de la france et du peuple francais vive l empire vive la france vive au futur emprereur napoléon

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