12 mars 2013

Une nouvelle profession de foi bonapartiste pour le XXIe siècle

Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, J.-L. David


Plus d'un an après la première profession de foi de ce blog, le temps est venu, après beaucoup de réflexions, d'articles et de discussions passionnantes avec certains d'entre vous, de livrer une nouvelle synthèse des convictions bonapartistes qui sont les nôtres par cette nouvelle profession de foi articulée autour d'une nouvelle devise ("Patrie, Audace, Idéal") et destinée à poser les premiers jalons du bonapartisme rénové.

Il ne s'agit pas d'un programme politique ni d'un catalogue de propositions mais de la définition de cet âme et de ce souffle qui fondent le bonapartisme. Une nouvelle réponse à la question essentielle : "Qu'est-ce qu'être bonapartiste aujourd'hui en ce début de vingt-et-unième siècle ?".

Profession de foi bonapartiste pour le XXIe siècle

Le bonapartisme renvoie fondamentalement à l'action et aux idées de deux chefs d'Etat français, les empereurs Napoléon Ier et Napoléon III. Si le premier est bel et bien le fondateur en titre et la figure tutélaire de ce mouvement, il faut rendre au second ce qui lui appartient et reconnaître que le dernier empereur des français est le véritable initiateur de la transformation d'un esprit nostalgique en corpus politique. Là où Napoléon Bonaparte nous a donné une épopée, un rêve et une pratique, Napoléon III a "théorisé" une idée, belle et audacieuse, notamment au fil de ses nombreux ouvrages : Rêveries politiques (1832), Considérations politiques et militaires sur la Suisse (1833), Des idées napoléoniennes (1839), L'idée napoléonienne (1840), L'extinction du paupérisme (1844).

Le bonapartisme est enraciné dans un passé national glorieux clairement revendiqué. Il n'a pas honte de son héritage, qui est aussi l'héritage de la France et de tous les français.

L'idée bonapartiste
L'unité et la continuité de la France

Quelle est cette idée napoléonienne, pilier du bonapartisme, inspirée par Napoléon Ier et "théorisée" par Napoléon III ?

Comme évoqué précédemment, il faut souligner l'importance d'un héritage assumé, non pas celui, étroit, du bonapartisme passé mais celui, immense, de toute l'Histoire nationale. "De Clovis au Comité de salut public, j'assume tout !" disait Napoléon. La continuité historique de la Nation est essentielle à la compréhension et à la pratique du bonapartisme : aucun anathème ni aucun tabou. Nous succédons à Clovis, Philippe IV le Bel, Louis XIV, Napoléon, Napoléon III, Gambetta, Léon Blum, De Gaulle, Pompidou, Mitterrand, etc. L'action présente doit s'inscrire dans une continuité globale, tirant de chaque période ce qu'elle a apporté de meilleur à la France, ainsi que les leçons de ce qui a pu échouer. Nous rendons à chaque César de son temps sa part de gloire.

Nous n'avons honte de rien, ni de nos grandeurs ni de nos erreurs. L'imbroglio honteux autour de Jules Ferry le jour de l'investiture du président Hollande ne serait jamais arrivé dans une société bonapartiste.

Le bonapartisme n'est pas la continuation de politiques menées durant les deux épisodes impériaux ou une quelconque nostalgie morbide mais l'inscription dans une continuité globale qui dépasse les périodes impériales et refuse toute forme de discours étroit, dogmatique ou idéologique. Nous condamnerons ce qui est condamnable, nous apprécierons ce qui est appréciable. Nous ne sommes les enfants d'aucune doctrine mais les enfants de la France, dont l'héritage est un et indivisible.

Le service de la Nation et du Peuple sans esprit doctrinaire ou dogmatique, tel est le coeur de l'idée napoléonienne. La mission de la politique bonapartiste est d'assurer la continuité du Peuple, de la Nation et de l'Etat. La continuité de la France, de son honneur et de sa grandeur. Le bonapartisme aime la France. Le bonapartisme assume la France.

Voici l'idée qui fonde notre action, à nous, bonapartistes, celle de l'unité et de la continuité de la France, passée, présente et à venir. Nous n'aimons ni les divisions ni les immobilismes. Ni les doctrines ni les vues courtes.

Le bonapartisme a toujours surgi dans l'Histoire de France pour accomplir une mission précise et essentielle : rompre avec le tourbillon des ruptures. A force de rompre avec le passé, à force de rompre avec la rupture, la France a rompu avec elle-même. La France n'a point soif de rupture mais de continuité. La France est fatiguée des divisions, elle désire l'unité. Les dérèglements de l'élection présidentielle où tous les candidats offrent tous les cinq ans à tous les français tant de ruptures, jusqu'aux irréelles ruptures des sortants, ces carences aujourd'hui de plus en plus fortes nous peignent un peuple épuisé de voir la France s'émietter.

Nous, bonapartistes, nous refusons cette fragmentation de notre Grande Nation et nous voulons proclamer fièrement notre credo patriotique : la France a été, la France est, et la France sera !

L'ambition bonapartiste
Le rassemblement et la réconciliation des français

Si le bonapartisme assume fondamentalement la France, son unité et sa continuité, il en assume davantage encore le peuple, son unité et sa diversité. Nous ne connaissons en France que des français. Ennemis des communautarismes, de quelque nature qu'ils soient, religieux, ethniques, politiques, idéologiques ou sociaux, nous proclamons fièrement que toutes les différences doivent s'effacer devant l'unité nationale française. De la continuité historique de la Nation nous déduisons la continuité sociale du Peuple.

Nous posons une direction : le rassemblement de notre peuple. La société française de ce début de XXIe siècle souffre d'une surexposition des intérêts particuliers, d'une vue politique et sociale courte, inscrite dans un temps rapide et dans l'obsession de l'heure présente. Oubliant ce que nous devons au passé, nous nous divisons dans le présent, piétinant l'héritage de ceux qui nous ont précédé et hypothéquant la France de ceux qui nous succéderont. Pour assurer l'unité et la continuité de la France, passée, présente et à venir, nous avons le devoir sacré de nous rassembler.

Ce rassemblement populaire n'a rien à voir avec les fumisteries démagogiques que nos responsables politiques nous vendent à chaque élection nationale. Il ne s'agit pas de forger sur l'instant et de manière extrêmement contingente une fausse majorité d'intérêts particuliers momentanément unis qui se dissoudrait à la première faiblesse.

Il s'agit bel et bien d'amener chaque français à adopter une nouvelle vision de la Nation et de la citoyenneté, dans une démarche ambitieuse et exigeante qui se fonde sur une idée plus rare et plus grande, qui dépasse le concept éculé de rassemblement, la magnifique idée de réconciliation.

Le bonapartisme exècre par dessus tout toutes les formes de dogmatisme ou d'idéologie qui consistent à tordre la réalité pour qu'elle coïncide avec ce qu'on croit à tort être vrai. Le bonapartisme assume la France et il assume aussi les français, dans leur extraordinaire diversité et leur fascinante complexité. Il n'existe pas sur Terre de peuple ingouvernable, et quiconque oserait affirmer le contraire n'est qu'un lâche. Et nous voulons vaincre la lâcheté. Nos ennemis ont un nom : hypocrisie, cynisme et lâcheté.

Nous acceptons tous les français du moment qu'ils acceptent d'entrer dans cette dynamique de rassemblement construite sur l'idéal de réconciliation. La réconciliation consiste à rassembler des blocs distincts pour en forger un nouveau, fort, solide, indivisible. La réconciliation est à la base du processus national. Abandonner celle-ci, c'est accepter que la Nation finisse pas s'évaporer.

La réconciliation est une pratique exigeante. Elle oblige à rompre avec toutes les facilités, toutes les simplifications et tous les raccourcis. Elle oblige à abandonner la loi du plus fort ou la loi du nombre. Elle oblige à un mouvement vers autrui, vers cet "adversaire" dont on oublie trop souvent qu'il est avant tout un compatriote et un frère. Elle oblige à la franchise et à l'honnêteté, puisqu'on ne peut réconcilier que dans la vérité. Les rassemblements actuels sont construits dans le mensonge et l'illusion, et, une fois la fumée des élections dissipée, ceux-ci s'effondrent brutalement. La réconciliation bonapartiste est un rassemblement noble comme le marbre et résistant comme le diamant.

La réconciliation doit être un rassemblement social qui abolisse les frontières internes de notre Nation. Nous avons fait la révolution de 1789 pour supprimer les frontières intérieures du royaume, qu'elles soient géographiques, politiques ou sociales ; que ce soit l'abolition des barrières d'octroi ou celle des privilèges, le mouvement est le même. Il est temps de le poursuivre avec détermination et de l'achever. Nulle frontière ne peut exister à l'intérieur d'une Nation, une et indivisible, souveraine et indépendante. Tel est le projet de la réconciliation sociale et nationale que le bonapartisme porte.

Ce rassemblement exigeant, qui rejette les facilités populistes et les illusions démagogiques, ce grand mouvement qui proclame la supériorité de la France sur toutes les différences est le seul qui puisse fonder durablement et efficacement une véritable démocratie où le peuple exerce sans entraves sa totale souveraineté.

Cette réconciliation est la base nécessaire à l'édification d'institutions démocratiques exigeantes construites sur la souveraineté directe d'un peuple de citoyens libres, le respect de toutes les diversités et la puissance retrouvée du pouvoir politique.

Réconciliant les français autour de la continuité historique de la Nation et de la continuité sociale du Peuple, le bonapartisme proclame l'unité de la France et balaye les poisons de la lâcheté et du cynisme, et l'impuissance qui découle de ceux-ci. Rien n'est impossible à un peuple libre et réconcilié.

"Impossible n'est pas français" affirmait l'empereur. Tel est le but suprême du bonapartisme, à travers ce mouvement unitaire de réconciliation sociale : abolir l'impossible.

Le programme bonapartiste
La nouvelle devise des français : Patrie, Audace, Idéal

De cette idée et de cette ambition, les bonapartistes tirent un programme, structuré et cohérent, bâti sur un pragmatisme qui consiste non pas à agir modérément mais à agir toujours dans le respect des réalités. Jamais la réalité ne se brise devant les mesures insensées, ce sont celles-ci qui se brisent contre la réalité. Le célèbre pragmatisme bonapartiste, repris dans la pratique par les lointains héritiers gaullistes, définit une action éloignée de toutes les doctrines et de toutes les idéologies. Aucun dogme ni aucune infaillibilité dans le bonapartisme : toute solution est acceptable tant qu'elle solutionne les problèmes de la Nation en respectant ses principes patriotiques et humanistes. Le programme bonapartiste se construit autour d'une valeur : l'efficacité, en d'autres termes la puissance retrouvée du pouvoir politique.

Nos propositions sont formulées pour être au service de la Patrie. Niant l'impossible, le bonapartisme agit toujours avec Audace, dans le respect de l'Idéal français. Patrie, Audace, Idéal, telle est la devise de la politique bonapartiste.

Le programme bonapartiste est un programme patriotique. Il s'attache à la Patrie en ce qu'elle est la terre de nos pères. Ce concept pose les questions d'héritage et de succession, il définit immédiatement la France comme la fille de son passée, et chacun d'entre nous est français en ce qu'il en est enfant de la France. Ni sol ni sang, la nationalité française est une âme, une volonté de défendre un héritage et d'étendre ce dernier. En avant, enfants de la Patrie !

Concrètement, nos propositions observent toujours les mêmes exigences : le service de la Patrie, le souffle de l'Audace et l'ambition de l'Idéal. Il ne peut donc y avoir dans le programme bonapartiste de mesures qui trahiraient les intérêts de la Nation, agiraient avec mollesse ou transgresseraient les idéaux humanistes de notre Peuple.

Nous, bonapartistes, proclamons notre attachement aux souverainetés inaliénables de notre pays : la souveraineté individuelle, la souveraineté populaire et la souveraineté nationale.

Bonapartistes, nous voulons une Europe confédérale. Une Europe qui approfondisse les horizons de la solidarité entre les peuples et de la paix tout en garantissant le respect des cultures et des identités, l'indépendance souveraine des Nations librement confédérées. Nous voulons une Europe forte qui permette la construction d'un leadership nouveau sur la mondialisation et garantisse l'équilibre des puissances mondiales autour de ce nouveau centre de gravité européen. Une Europe où chacun assume ses responsabilités, où chaque pays est libre de moduler sa participation aux projets communautaires, de l'investissement minimal à la mobilisation totale. Une Europe pleinement démocratique. Il n'existe pas un peuple européen ni davantage une Nation européenne, mais nous sommes capables de constituer une citoyenneté européenne à travers des institutions profondément rénovées. Plus jamais nous ne devons voir l'Europe se construire sans ou contre les peuples qui la constituent. Seule une Europe fondée sur la souveraineté populaire peut défendre efficacement les souverainetés nationales contre les bureaucraties apatrides.

Nous voulons une Europe solidaire, forte, libre et démocratique, confédération de Nations souverainement indépendantes réunies dans l'intérêt de leurs peuples et au service d'un idéal universel. (Découvrir le détail de nos propositions)

Bonapartistes, nous voulons une France rassemblée dans la richesse de sa diversité. Nous appelons une refonte complète de nos institutions démocratiques afin d'apporter des solutions définitives et audacieuses aux carences qui minent notre démocratie depuis des décennies. Nous voulons une expression fidèle de la pluralité des opinions du peuple tout en brisant à jamais le régime indigne des partis et des factions qui instrumentalise la vie de la Nation pour construire le pouvoir de certains sur la ruine de tous . Le peuple français désire une démocratie totale où il agisse sans entraves, où il soit représenté fidèlement et où il soit dirigé avec force mais respect pour sa souveraineté. Nous voulons transformer la vie politique française en mettant un terme aux dérives populistes et électoralistes qui transforment la politique en spectacle guignolesque de charlatans indignes du peuple qu'ils doivent servir. Une France où l'unité d'une Nation soit toujours proclamée comme plus forte que les divisions naturelles d'un Peuple.

Nous voulons une démocratie enfin représentative, enfin légitime et enfin efficace, protectrice de l'unité nationale. Une démocratie qui rapproche les adversaires autour de l'intérêt commun et national. (Découvrir le détail de nos propositions)

Ces deux volontés réalisées, rien ne pourra plus arrêter la marche souveraine de la France, grande puissance enfin reconstituée. Un pays enfin rassemblé et démocratique au sein une Europe enfin populaire et libre.

Tel est le bonapartisme moderne : un souffle au service d'une Grande Nation placée au coeur d'une Grande Europe. 

Et les vieux rêves de nos empereurs enfin réalisés.

Pour la France, l'Europe et le Monde.
Pour le Peuple et par le Peuple.

Vive la République.
Vive l'Empereur.
Vive le Bonapartisme rénové.

Vive la France.

1 commentaire:

  1. Il est indubitable que depuis bien longtemps aucun communiqué aussi limpide, accompli et remarquable n'avait interloqué la chronique. Sans équivoque, de tels écrits ne peuvent que réunir tous les bonapartistes. Bravo, félicitations, il faut garder cet élan très prometteur.
    Je suis sincèrement fier d'être bonapartiste.
    Vive le Bonapartisme rénové..........

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