7 mars 2013

De la fierté d'être bonapartiste : fidèles à l'Aigle face aux sirènes de l'opportunisme

L'aigle impériale

A travers les témoignages que je reçois, que j'entends, ou les articles que je lis, ici ou là, sur Internet, je constate une chose qui m'attriste : par "opportunisme", certains d'entre nous abandonnent l'aigle et la référence à l'Empereur pour rallier des partis qui sont éloignés de l'idéal bonapartiste.

Selon moi, la fidélité au bonapartisme, à la mémoire de l'Empereur et à l'espoir incarné par l'Aigle est un sacerdoce certes difficile mais néanmoins indispensable, si ce n'est nécessaire pour la France.

Evidemment, sans cette référence à Napoléon Ier et à Napoléon III, sans ce symbole difficile à réhabiliter qu'est l'aigle impériale, évidemment, sans le bonapartisme somme toute, le combat serait, apparemment, plus facile à mener. Beaucoup rejoignent ainsi Debout la République. C'est le cas de la Nouvelle Société du 10-Décembre ou, plus récemment, et sans étonnement pour moi, celui de David Saforcada, le président de France Bonapartiste, qui, dans un billet de son blog daté du 26 février dernier, critique avec virulence l'actuelle famille impériale et annonce son ralliement au parti de Nicolas Dupont-Aignan.

Je comprends le désespoir de nombreux bonapartistes qui, après des années de lutte, se trouvent toujours marginalisés et incompris au sein de l'échiquier politique français. 

Cela est dû à des choix stratégiques désastreux de la part des anciennes instances dirigeantes du bonapartisme, autant, en effet, qu'à l'inaction totale de l'actuelle famille impériale. Mais la famille impériale n'attend-t-elle pas l'émergence d'un bonapartisme rénové et respectable pour reprendre sa place dans le paysage national ? Après tout, il n'appartient pas à l'empereur de jure de diriger les légions bonapartistes, sa place étant nécessairement au-dessus des partis et non à la tête d'un d'entre eux.

Je comprends l'espoir que Nicolas Dupont-Aignan fait naître chez de nombreux bonapartistes mais, fidèle à ma pensée, je continue à penser que c'est là une erreur. M. Dupont-Aignan défend un idéal qui peut nous séduire car il est proche du nôtre, mais M. Dupont-Aignan est loin d'être bonapartiste : il n'est que le chef de file d'un populisme aveuglément anti-européen, alors que le bonapartisme est une alternative autrement plus globale, dépassant largement un banal euroscepticisme. Au-delà de considérations programmatiques, Debout la République stagne et, malgré un souverainisme majoritaire dans le coeur du peuple, échoue à se faire entendre, notamment à cause des gesticulations populistes de son président, ce dernier s'essayant là à un art que Marine Le Pen maîtrise avec autrement plus de talent. Pour preuve de cette stagnation, n'oubliez pas que DLR rassemblait 1,77% des voix en 2009, aux élections européennes, et 1,79% des mêmes suffrages, trois ans plus tard, à l'élection présidentielle, son socle électoral n'augmentant pas d'un iota, et se situant bien en-dessous du "peuple souverainiste" apparu le 29 mai 2005.

Certes, le bonapartisme est incompris au XXIe siècle et le combat sera difficile pour lui redonner sa place légitime. Certes, le populo-souverainisme de Nicolas Dupont-Aignan peut avoir un certain charme, et, certes, on peut être tenté d'abandonner l'aigle et le "bonapartisme global" pour tenter de se battre "efficacement" contre l'Europe et la mondialisation (je discute volontiers cette efficacité au vu des résultats électoraux).

Mais, malgré tout cela, malgré toutes les raisons d'abandonner, je demeure convaincu que le bonapartisme mérite qu'on lui demeure toujours fidèle. Il n'est pas un combat stérile contre quoique ce soit mais un combat historique et patriotique pour une certaine vision de la France, et aussi pour une certaine vision de l'Europe et du Monde. Il s'inscrit au plus profond de l'âme de notre Nation, et dans son Histoire multiséculaire. Il transcende tous les petits combats contingents de la politique dans une haute exigence nationale et humaniste.

Animé d'une audace institutionnelle, d'une audace sociale, d'une audace économique et d'une audace européenne, en un mot d'une audace authentiquement patriotique, le bonapartisme est la seule force politique qui propose une alternative cohérente et solidement nationale. Le bonapartisme est le seul rempart efficace face aux populismes et aux excès extrémistes mais aussi contre les lâchetés de la tiédeur ou les combinaisons fantasques d'une politique hors-sol.

Suétone disait : "ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous ne les tentons pas, c'est parce que nous ne les tentons pas qu'elles sont difficiles". Depuis la mort du bonapartisme à la fin du XIXe siècle, jamais il n'y eut de véritable tentative sérieuse et cohérente de rénovation de ce mouvement évaporé. Aujourd'hui, plutôt que de nous disperser et d'abandonner notre fidélité à l'Empereur et à l'Aigle, demeurons fiers de notre nom !

Soyez assurés au plus profond de vous-mêmes que cette fidélité sera notre principal titre de gloire dans les futurs livres d'Histoire quand l'heure sera venue de conter comment le bonapartisme ressuscita au XXIe siècle pour rendre à la France sa liberté, sa souveraineté et sa pleine grandeur. 

Peut-être partons-nous cinq cents, mais, croyez-le et demeurez en convaincus, nous nous verrons trois millions en arrivant au port.

N'oubliez pas : la garde meurt, mais ne se rend pas !

Vive la République.
Vive l'Empereur.
Vive la France.

Vive le Bonapartisme.

NB : très prochainement, Renouveau Bonapartiste vous proposera une nouvelle profession de foi pour définir un bonapartisme au service du XXIe siècle, résumant le coeur des convictions communes qui font de nous des bonapartistes fiers de l'être.

5 commentaires:

  1. saforcada david7 mars 2013 à 05:11

    Monsieur,

    je lis avec attention votre prose sur le bonapartisme et permettez moi de sourire. le fait de vous goberger de bonapartisme littéraire et de bons mots ne vous autorise pas à douter et à faire douter de ma fidélité au bonapartisme. je ne suis pas là pour décerner des diplômes de bonapartisme à qui que ce soit, je ne suis pas là pour dire que "mon" bonapartisme est le vrai mais depuis plus de 15 ans je me bats pour celui-ci, pour le retour de "l'aigle" et si ce n'est pas de lui tout du moins de ses principes. oui je le dis et je l'assume, la Famille Impériale d'aujourd'hui comme celle du début du XXème siècle "tue" le bonapartisme. pour ce qui est de mon engagement aux côtés de DLR et de NDA je les assume aussi pleinement, le bonapartisme c'est aussi l'action et le pragmatisme. ce que je fais, je le fais avec conviction, sans renier nos Empereurs ni notre symbolique et encore moins nos principes (tous nos principes)et je me mettrai, toujours, humblement et courageusement au service du bonapartisme (et d'un Bonaparte s'il en est digne)avant tout autre chose.

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    1. Cette critique m'étonnera toujours. Je défends aussi "mon" bonapartisme, avec tout ce qu'il a de relatif, sans le déclarer au-dessus des autres : n'ai-je pas le droit de donner mon opinion sans me faire brocarder comme chef d'une nouvelle police de la pensée ? L'attaque est un peu vieillie, M. Saforcada.

      Pour le reste, je n'attaque pas votre bonapartisme (j'ai déjà eu l'occasion par le passé de me positionner à son égard), mais, comme vous êtes un leader, si ce n'est le principal leader de la galaxie bonapartiste, je vous prends en exemple de cet abandon progressif du "bonapartisme" au profit d'un "souverainisme" plus vague. Je ne mets en aucun cas en doute votre fidélité de principes à la Cause, tout comme je n'ai jamais remis en cause la fidélité de principes de ceux qui rejoignent DLR (même si je ne suis pas d'accord avec eux, et, de nouveau, il s'agirait de respecter ma liberté d'opinion comme je respecte la vôtre). Et je partage (la véhémence en moins) votre regard sur une famille impériale dont la passivité et l'absence est un de nos handicaps (je le reconnais d'autant plus que je suis dynastique).

      Cordialement.

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    2. J'ajoute, M. Saforcada, que de nouveau vous faîtes dans l'emphase et la caricature. Je cite votre blog : "A cette déclaration honnête, loyale et désintéressée plusieurs, bonapartistes sincères ou simples détracteurs, ont répondu par des injures, prononçant les mots de lâcheté, de désertion, de défection, de trahison. Oui, je l’ai dit et je le maintiens et en tenant ce langage, j'ai la prétention de n’être ni un renégat ni traître." Relisez mon article de fond en comble, vous ne trouverez aucun des mots que vous citez, et encore moins à votre égard puisque vous n'occupez que trois lignes de mon article.

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    3. saforcada david7 mars 2013 à 21:18

      mais Monsieur vous n'êtes pas le centre de mes "intérêts" et je en faisais nullement référence à vous en écrivant cela mais à d'autres personnes ... sur ce, je vous souhaites bien du plaisir. ah si, juste une chose, révisez un peu vos classiques d'histoire bonapartiste afin d'établir une bonne chronologie qui évitera de faire "mourir" le bonapartisme fin XIXème.

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    4. La parfaite simultanéité de cet article et de votre article m'invitait à des liens causales somme toute simples, mais si vous dîtes qu'il n'y a là aucune forme de cause-conséquence, je veux bien vous croire et donner au hasard le bénéfice de cet incroyable simultanéité.

      Enfin, je laisse au public le soin de voir la contradiction de vos derniers propos avec cette phrase : "je ne suis pas là pour décerner des diplômes de bonapartisme à qui que ce soit". Alors si tel n'est pas votre mission, évitez de me donner des leçons d'Histoire ("ah si, juste une chose, révisez un peu vos classiques d'histoire bonapartiste afin d'établir une bonne chronologie qui évitera de faire "mourir" le bonapartisme fin XIXème.").

      Se contredire en si peu de temps, et avancer une telle suffisance quand on dénonce celle supposée d'autrui, c'est artistique ! Vous n'avez pas changé d'un iota, vous continuez, face à des arguments, à attaquer ad hominem vos contradicteurs.

      PS : et croyez le bien, pour nombre de raisons, et la thèse est soutenue par nombre de spécialistes, le bonapartisme (tel que professé par Napoléon III) peut être considéré comme "mort" à la fin du XIXe siècle. Il y a des thèses contraires, évidemment, c'est là peut-être le charme de l'Histoire. Alors, rangez votre arrogance, et vos attaques ad hominem. C'est minable.

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