9 juin 2012

Légalisation du canabis : un acte irresponsable, preuve supplémentaire de l'impuissance politique

Tout comme M. Jean-Louis Borloo lors des élections législatives de juin 2007, qui avait amené dans la campagne la controversée TVA sociale, la ministre du Logement et de l'égalité des Territoires, Mme Cécile Duflot, a fait entrer dans le débat le sujet épineux, notamment pour une certaine Gauche, de la légalisation du canabis.

Un sujet complexe et trop souvent caricaturé sur lequel, nous, bonapartistes modernes, tenant du progrès comme de la cohésion morale de la Nation, avons le devoir d'exprimer une position claire : n'abdiquons pas et combattons cet acte irresponsable inspiré par une logique bien-pensante qui n'est qu'un mouvement réactionnaire et rétrograde dissimulé sous le costume d'un progressisme angélique.

Quels arguments sont avancés par les partisans de la légalisation ? Il s'agirait, pour eux, d'autoriser une drogue "douce" déjà largement répandue, et construire ainsi une filière légale du canabis qui permette le contrôle de la production, de la distribution et de la vente, vente sur laquelle l'Etat ne manquerait pas de prélever quelques deniers réinvestis dans la santé publique et la protection. Tout ceci semble tenir debout : ainsi on pourrait mieux combattre les réseaux criminels, encadrer la distribution notamment en protégeant les jeunes (pas de publicité, pas de vente aux mineurs) et ramasser un peu d'argent au passage (ce qui n'est jamais négligeable).

Une position qui se tient, qui peut se défendre, mais qui ne résiste pas très longtemps quand on l'oppose à ses contradictions et qu'on va chercher un peu plus loin que l'angélisme qui en constitue les fondations. En effet, quelle idée d'avancer une meilleure défense de la santé publique pour la légalisation du canabis : il n'y a ni publicité ni vente aux mineurs actuellement, quant à la sensibilisation elle est déjà active, et ce n'est pas en multipliant des spots télévisés coûteux et inutiles, financés sur la banalisation de cette drogue, que la santé publique ira mieux. Vaste hypocrisie, dangereux paradoxe.

Les pro-légalisation argueront alors qu'il y a bien déjà sur le marché des drogues "douces" légales : le tabac et l'alcool. C'est peut-être sur cet argument qu'il faut être le plus virulent dans l'attaque, car comparer l'alcool et le canabis est une grave malhonnêteté intellectuelle qui montre la dissolution progressive du savoir-vivre français. Rien de comparable entre de l'herbe et le produit de la culture des Hommes. L'alcool est un produit culturel dont la consommation s'éduque et se développe pour atteindre des sommets de raffinement ; il n'en est rien pour le canabis, symbole faussement prolétaire repris par une bourgeoisie en manque de sensations.

Quant au tabac, il est légalisé mais non moins combattu ; il appartient, de surcroît, lui aussi à toute une culture de savoir-vivre et d'éducation. Rien de tel dans le canabis, phénomène de société bobo (descendu dans le peuple) hérité des délires soixante-huitards.

Le problème du canabis n'est pas tant un problème de santé publique qu'un problème de société. Nous vivons dans une société où, tout d'abord, le pouvoir politique préfère légaliser les drogues "douces" en usant d'arguments fallacieux plutôt que de combattre efficacement des pratiques inadmissibles. Et, quand le pouvoir politique se décide à combattre, les dés sont pipés et les balles à blanc ; le "tout-répressif" défendu notamment par l'ancien président Nicolas Sarkozy est aussi ridicule et inutile que le "tout-légal" d'une certaine Gauche. La politique se révèle, sur ce dossier, impuissante.

Impuissante également à saisir un problème de société ancré dans une jeunesse qui s'ennuie et se laisse aller à des pratiques inutiles et amorales ; amorales, non en elles-mêmes, mais amorales en ce que, pour planer un quart d'heure, les jeunes financent des cartels criminels, des bandits et des assassins. Il faut redonner du rêve à la jeunesse pour qu'elle n'ait plus besoin d'aller en chercher un vague brouillon dans des fumées décadentes.

La décadence, la vraie, pas la caricature absurde servie par une certaine Droite radicale et nationaliste, la décadence c'est cela : l'abandon d'une exigence de dépassement des contingences humaines dans une acceptation globalisée du déclin de l'Homme, qui, ne pouvant lutter politiquement, et moralement, finit par accepter toutes les dérives en les légalisant, et, qui, ne pouvant plus rêver lui-même, à besoin pour cela de fumer des végétaux ...

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