20 juin 2012

La Famille impériale de France


La famille impériale réunie pour le mariage de S.A.I. le prince Jérôme avec S.A.R la princesse Catherine de Wurtemberg

Tous les membres de la Maison impériale de France ont pour origine commune le mariage de Charles-Marie Bonaparte et Maria Letizia Ramolino. Ils se répartissent en deux catégories distinctes, établies par le statut de 1806 et reprises par celui de 1853 :

  • d'un côté, la famille impériale, composée des princes français appelés à la succession dynastique, ainsi que de leurs épouses et de leurs filles, et qui nous intéressera ici (vous retrouverez la composition actuelle très précise de la Famille impériale à la fin de cet article) ;
  • de l'autre côté, la famille civile, composée de personnes non dynastes, descendants de Lucien, Elisa, Pauline et Caroline Bonaparte.
Des quatre branches de la famille civile ne subsiste plus aujourd'hui que la branche issue de Caroline, autrement dit la famille Murat, qui, cependant, a atteint, selon les termes de l'article 3 du statut de 1806, le dernier degré d'appartenance à la Maison impériale (cinquième degré inclusivement). Cette appartenance n'est qu'une affiliation secondaire pour une famille investie des dignités royales de l'ancien royaume de Naples dont le maréchal Murat fut souverain de 1808 à 1815.

En ce qui concerne la famille impériale, elle se divise elle aussi en quatre branches, qui, selon l'ordre de succession, se distribuent ainsi :
  • la branche de l'empereur Napoléon (né en 1769, mort en 1821) ;
  • la branche du roi Joseph (né en 1768, mort en 1844) ;
  • la branche du roi Louis (né en 1778, mort en 1846) ;
  • la branche du roi Jérôme (né en 1784, mort en 1860).

S.M. l'Empereur épousant S.A.I. l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche

La branche aînée est celle qui donne à la France ses deux premiers empereurs, de 1804 à 1815, Napoléon Ier le Grand puis, de manière éphémère, son fils, Napoléon II, né en 1811. Par ses deux mariages, Napoléon donne à l'Histoire deux de ses trois impératrices, Joséphine de Beauharnais (1763-1814) puis Marie-Louise d'Autriche (1791-1847), épousées par le fondateur de la dynastie respectivement en 1796 et 1810.

Eteinte en 1832 avec la disparition prématurée du roi de Rome, elle laisse un vide dans le leadership du mouvement bonapartiste.

L.L.A.A.I.I. la princesse Julie Clary et ses deux filles,
les princesses Zénaïde et Charlotte


En effet, ni le roi Joseph, chef de famille de 1832 à 1844, ni son frère le roi Louis, chef de famille de 1844 à 1846 (Joseph n'ayant eu de son mariage avec Julie Clary (1771-1845) que deux filles, les princesses Zénaïde (1801-1854) et Charlotte (1802-1839)) ne réclament un rôle particulier. 

Très vite, la direction effective du mouvement revient au dernier fils survivant issu du mariage de Louis Bonaparte et Hortense de Beauharnais, le prince Louis-Napoléon, né en 1808, futur empereur Napoléon III, qui tente vainement de prendre le pouvoir à deux reprises, en 1836 à Strasbourg puis en 1840 à Boulogne. Il était devenu l'héritier présomptif de la cause napoléonienne suite à la mort consécutive de son frère aîné, Napoléon-Louis, en 1831, combattant à ses côtés dans l'insurrection pour l'unité italienne, puis de son cousin germain, le duc de Reichstadt, l'année suivante.

LL.MM. l'Empereur, l'Impératrice et leur fils
Louis-Napoléon parviendra à son but en 1848 non par la voie de la conspiration ou du coup d'Etat mais grâce au suffrage universel et à son élection triomphale à la nouvelle présidence de la République. Libérant cette République d'une alliance conservatrice de monarchistes ayant osé restreindre le suffrage universel, il finit par rétablir l'Empire en 1852 et épouse le 29 janvier 1853, la comtesse espagnole Eugénie de Montijo (1826-1920). L'Impératrice lui donne un fils unique, le Prince impérial, le 16 mars 1856.

Nous connaissons la suite malheureuse de l'Histoire : l'Empire, pourtant porté en triomphe par le peuple le 8 mai 1870, s'effondre à Sedan. L'Empereur meurt le 9 janvier 1873. Son fils, l'héritier, le suit, le 1er juin 1879 (pour plus de détails, voir l'article consacré à la mort du Prince).

S.A.I. le prince Jérôme

La succession bonapartiste passe alors à la quatrième et dernière branche dynaste de la famille impériale, celle issue de Jérôme. Initialement non dynaste à la proclamation du premier Empire, à cause de son mariage avec une américaine, ce dernier est finalement réhabilité en 1806. Couronné roi de Westphalie (1807)  par son frère puis nommé gouverneur des Invalides (1848) et maréchal de France (1850) par son neveu, le roi Jérôme est l'héritier présomptif de Napoléon III jusqu'à la naissance du Prince impérial. De son mariage avec la princesse Catherine de Wurtemberg (1783-1835), il a deux enfants : la princesse Mathilde (1820-1904), célèbre protectrice des arts et des lettres, et le prince Napoléon Jérôme (1822-1891).

L.L.A.A.I.I. les princes Victor et Louis et la princesse Laetitia

Ce dernier, sous le règne de son cousin germain, prendra le titre de prince Napoléon, à la fois pour conserver son prénom originel, qu'il a en partage avec l'Empereur, mais aussi pour notifier son rang informel de "premier prince du sang", héritier en second derrière le fils de Napoléon III (après la mort de son propre père, en 1860).

De son mariage en 1859, avec la princesse Clotilde de Savoie (1843-1911), fille de Victor-Emmanuel II, naissent le prince Victor (1862 - 1926), le prince Louis (1864 -1932) et la princesse Laetitia (1866 -1926), qui deviendra duchesse d'Aoste par son mariage en 1888 avec son oncle maternel, le prince Amédée de Savoie.

A la mort du Prince impérial, la mécanique dynastique fait du prince Napoléon, surnommé Plon-Plon, l'héritier de la couronne. Mais le testament du fils de l'Empereur désigne à sa place le prince Victor. Une âpre bataille s'engage alors entre partisans progressistes/républicains de Plon-Plon et fidèles conservateurs/monarchistes de Victor. Cette querelle culmine avec la rupture entre le père et le fils, en 1884.

LL.AA.II. le Prince Napoléon (Victor) et la Princesse Clémentine, avec leur fille, Marie-Clotilde

A la mort du prince Napoléon-Jérôme, en 1891, son fils Victor, reprenant pour lui le titre de prince Napoléon, est désormais un chef de famille incontesté (la tentative finale de son père de le déshériter par testament au profit de son frère, Louis, officier de l'armée russe, célibataire, ayant totalement échoué).

Le 14 novembre 1910, le prince Victor épouse la princesse Clémentine de Belgique (1872 - 1955), fille du roi Léopold II, dont la mort récente, un an auparavant, permet enfin de couronner cet amour déjà ancien de plusieurs années. 

Cette union leur donne deux enfants : la princesse Marie-Clotilde (1912 - 1996), future épouse du comte Serge de Witt, puis le prince Louis (1914 - 1997). A la mort de Victor, le 3 mai 1926, c'est ce dernier qui hérite de la succession impériale. Âgé de 12 ans, il devient l'héritier du plus grand nom de l'Histoire de France. Avec la mort de son oncle, l'autre prince Louis, le soldat célibataire de l'armée russe, en 1936, il devient l'unique et dernier membre masculin de la famille impériale. Sa mort sans descendance aurait tout simplement entraîné l'extinction de la dynastie napoléonienne. 

S.A.I. le Prince Napoléon (Louis)

Mais, et ce malgré l'investissement périlleux du prince dans la Résistance, cette effroyable hypothèse ne se produit pas et Louis épouse le 16 août 1940 une jeune femme issue d'une vieille noblesse légitimiste de Provence, Alix de Foresta (1926)

Leurs quatre enfants forment l'actuelle famille impériale. Viennent d'abord le prince Charles, et sa soeur jumelle, la princesse Catherine, nés en 1950, puis la princesse Laure, née en 1952 et enfin le prince Jérôme, né en 1957. Celui-ci étant demeuré longtemps célibataire, et ce jusqu'à son mariage dans la plus totale discrétion avec Licia Innocenti en 2013, il n'a pas eu d'enfants. Seul Charles a donné à la famille impériale une nouvelle génération princière, avec ses deux enfants, la princesse Caroline (1980) et le prince Jean-Christophe (1986), actuel prince Napoléon, chef de famille et prétendant au trône impérial.

La famille impériale de France au grand complet vers le début des années 1970,
comme un émouvant écho à la première illustration de l'article


La famille impériale actuelle est donc composée, autour du prétendant et chef de famille, Son Altesse impériale le prince Napoléon, des personnes suivantes : 
  • S.A.I. la princesse Napoléon (Alix) sa grand-mère ;
  • S.A.I. le prince Charles, son père ;
  • LL.AA.II. les princesse Catherine (Mme Dualé) et Laure (Mme Leconte), ses tantes ;
  • LL.AA.II. le prince Jérôme, son oncle et héritier présomptif, et la princesse Licia, l'épouse de ce dernier ;
  • S.A.I. la princesse Caroline (Mme Querenet Onfroy de Bréville), sa soeur.
Bien qu'elle n'appartienne pas stricto sensu à la famille impériale, il est indispensable de citer également S.A.R. la princesse Béatrice de Bourbon-Siciles (1950), mère de la princesse Caroline et du prince Jean-Christophe, naturellement très présente auprès de ses enfants et dans les cérémonies napoléoniennes. Elle s'est mariée avec le prince Charles en 1978, avant de divorcer en 1989, cette séparation, ainsi que le remariage du prince avec Jeanne Valliccionni en 1996, constituant l'une des raisons pour lesquelles le prince Louis a choisi de transmettre par testament la succession non à son fils mais à son petit-fils après sa mort, survenue le 3 mai 1997.

Pour des raisons matérielles liées à l'exil autant que symboliques liées à la qualité de princes français de la Famille impériale, les membres de cette dernière ne portent pas le patronyme Bonaparte mais celui de Napoléon, et pour être même extrêmement précis celui de Napoléon Bonaparte, comme l'atteste par exemple l'acte de naissance du Prince.

Cette disposition purement dynastique ne modifie en rien leur appartenance à la famille Bonaparte qui survit à travers eux. Ainsi, en 2012, le prince Charles, père du Prince Napoléon, a choisi de rectifier son état civil pour revenir au patronyme originel de Bonaparte.

Bonaparte ou Napoléon, quelque soit le patronyme, notre Famille impériale est avant tout la Famille, descendance et succession, du grand empereur Napoléon Bonaparte et de ses héritiers, dont le non moins grand empereur Napoléon III. Héritage à plus d'un titre familial puisqu'il est l'héritage historique et nationale d'une très grande famille : le Peuple français.

1 commentaire:

  1. Un bien bel article qui brille par sa précision et sa concision !

    RépondreSupprimer