3 mai 2012

Il y a quinze ans, le prince Jean-Christophe Napoléon devenait chef de famille

Il y a quinze ans, le 3 mai 1997 disparaissait le prince Louis Napoléon (1914 - 1997), mieux connu sous son titre de prince Napoléon, dont il avait hérité à la mort de son père, le prince Victor Napoléon (1862 - 1926), et qu'il avait porté soixante-et-onze années durant.
Si l'Empire avait été maintenu et le prince Louis été couronné empereur des Français, il aurait eu le deuxième plus long règne de l'Histoire de France (derrière Louis XIV et ses soixante-douze années sur le trône).

Son Altesse impériale le prince Napoléon
(c) Institut Napoléonien Mexique-France

Aujourd'hui, et selon les volontés du précédent prince Napoléon, le chef de la Maison impériale de France est son petit-fils, le prince Jean-Christophe, prince Napoléon. Nous fêtons, en ce 3 mai, sa quinzième année passée à la tête de la famille Bonaparte.

Nous ne trancherons pas ici le débat, complexe et difficile, entre les bonapartistes partisans de l'option républicaine et ceux partisans de l'option dynastique, mais il nous apparaissait indispensable aujourd'hui de rendre hommage à l'héritier de nos Empereurs, notamment en rappelant quelques éléments relatifs à sa biographie mais aussi à l'Histoire, parfois mouvementée, de la famille Bonaparte exilée.

Depuis l'exil de la famille impériale consécutive à la chute de l'Empire, en 1870, l'Histoire de la Maison Bonaparte n'a pas été un long fleuve tranquille. L'Empereur Napoléon III fut foudroyé dans sa volonté de reconquête politique le 9 janvier 1873, puis son fils, le Prince impérial, fut à son tour fauché prématurément, le 1er juin 1879. Le parti bonapartiste reprenait pourtant des couleurs : n'obtenant que 2,96% aux élections de 1871, le parti impérial avait opéré un important redressement jusqu'à effrayer les républicains modérés et les orléanistes, qui, craignant la réelle popularité des Bonaparte dans le peuple (le plébiscite de mai 1870 n'était pas très éloigné), s'étaient "alliés" pour fonder la IIIe République.

En 1876, les bonapartistes obtenaient 14,26% (76 sièges), puis, en 1877, après la crise du 16-Mai, 19,96% (104 sièges). La mort du Prince impérial fut un choc violent : en 1881, le bonapartisme retomba à 8,44% (46 sièges), remontant à 12,50% (73 sièges) en 1885 avant de s'écrouler définitivement face à un choix d'alliances aujourd'hui encore très contesté, notamment lors de l'épisode boulangiste. En 1889, les bonapartistes n'obtenaient que 9,03% (52 sièges), dépassés par les boulangistes (12,50%, 72 sièges) et les royalistes (14,93%, 86 sièges). Aux élections de 1893, les bonapartistes perdront leur groupe parlementaire et se fondront dans l'union conservatrice et monarchiste.

Un funeste destin lié à une querelle interne à la famille impériale. En juin 1879, à l'ouverture du testament du Prince impérial, on découvrit qu'il nommait à la tête de la Maison impériale le deuxième prince dans la ligne de succession (Victor) au détriment du premier, père de celui-ci, le prince Napoléon (Plon-Plon). Après une unité éphémère autour de ce dernier, le mouvement bonapartiste explosa entre les jérômistes (républicains, progressistes, davantage inscrits dans l'héritage social de Napoléon III) et les victoriens (dynastiques, conservateurs, favorables à une alliance des Droites avec les monarchistes), qui emportèrent la bataille.

Le parti bonapartiste sortit extrêmement affaibli de cette querelle, si ce n'est complètement mort. A la mort du prince Victor, lui succéda, au titre de prince Napoléon et à la charge de chef de famille, son fils, le prince Louis. Ce dernier, grand-père du chef de famille actuel, est une grande figure auquel il faut savoir rendre un hommage légitime. Né en 1914, ce dernier, héritier de l'Empire à douze ans, fut, jusqu'à la naissance de son fils en 1950, le seul et unique membre mâle de la famille impériale. Sa mort aurait marqué l'extinction de la quatrième dynastie française. Ce poids ne l'empêcha pas de risquer sa vie en se mettant de manière exemplaire au service de la France abattue lors de la seconde Guerre mondiale, devenant résistant et frôlant même la mort (le 28 août 1944). Le prince Louis eut aussi un geste extrêmement fort, en 1940, dissolvant les structures bonapartistes et le parti de l'Appel au Peuple pour que celui-ci ne tombe pas dans des mains collaborationnistes.

Le prince Louis
Prince Napoléon de 1926 à 1997
Héritiers des combattants de la Résistance, nous le sommes jusque dans la généalogie de la famille qui a transmis jusqu'à aujourd'hui l'héritage vivant de nos Empereurs, nous le sommes par ce Prince-Résistant. Ne l'oublions pas.

A sa mort, le 3 mai 1997, ce n'est pas son fils aîné, Charles, mais le fils de celui-ci, Jean-Christophe, qui lui succéda, par volonté testamentaire. Des dissensions idéologiques et familiales opposaient Charles à son père : comment devons-nous juger cet acte ? Nous ne le devons pas. Tel était la volonté du prince Louis. En tout les cas, le nouveau prince Napoléon, trop jeune pour assumer ses fonctions, fut, en quelque sorte, "remplacé" par sa grand-mère, la princesse Alix (princesse Napoléon), veuve du prince Louis. Cette femme alliant l'élégance au devoir représenta avec brio la cause impériale, et nous devons lui rendre un hommage légitime également.

Aujourd'hui, le prince Napoléon (Jean-Christophe) assume pleinement ses responsabilités dynastiques. Il est l'héritier de nos Rois et de nos Républiques, de l'Histoire de France dans sa grandeur et son exigence. Né le 11 juillet 1986, le prince Napoléon travaille depuis 2011 comme conseiller à la banque d'affaires Morgan Stanley à New York ; malgré cet éloignement, il a régulièrement exprimé son désir de se mettre au service de la France, comme son héritage le lui demande. Jeune, intelligent et chef d'une famille impériale reconnue pour sa discrétion et son élégance, le prince Napoléon, qu'on soit dynastique ou non, porte, pour nous bonapartistes, d'immenses espoirs.

Pour les bonapartistes dynastiques, il serait l'empereur Napoléon VII Jean.
Ce grand débat opposant républicains à dynastiques sera traité par Renouveau Bonapartiste dans un article prochain, divisé en plusieurs parties et tentant de donner toutes les clés pour se faire une conviction personnelle sur cette affaire complexe.

Rappel : demain, Vendredi 4 mai, à 17h30, le prince Napoléon présidera la commémoration en l'honneur de l'Empereur Napoléon Ier et des soldats morts pour la France, aux Invalides, à l'occasion du 191e anniversaire de la mort de Napoléon.

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