31 décembre 2011

Les rendez-vous de 2012




A quelques heures de l'entrée dans l'année 2012, je vous propose de revenir sur les rendez-vous qui nous réuniront au cours des douze prochains mois.

28 décembre 2011

Quelles alliances pour quelle souveraineté ?

La politique étrangère est, depuis toujours, le lieu privilégié du déploiement de la souveraineté d'une Nation, dans sa confrontation (pacifique, amicale, hostile, etc.) aux autres Etats souverains, dans ses prises de position et ses déclarations sur la scène internationale : la France ne s'est sans doute jamais sentie autant souveraine ces dernières années que lors du "Non" à la guerre en Irak, voulu par le président Chirac et porté par Dominique de Villepin à l'ONU, ou encore lors de l'engagement dans la guerre en Libye, décidé par le président Sarkozy. Cette indépendance diplomatiques et ces audaces internationales sont profondément ancrées dans l'ADN de la Nation française, façonnée sur ce point par le bonapartisme, et son lointain avatar, le gaullisme. Aujourd'hui, à l'heure des interrogations sur la souveraineté nationale, sur l'indépendance de nos armées et de notre diplomatie, ainsi que des questionnements légitimes sur la construction européenne, quelles alliances la France doit-elle construire ?

La première de nos interrogations doit, bien évidemment, porter sur l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) : constitue-t-il un cadre dépassé ou privilégié ?

Sommet de l'OTAN à Washington

L'OTAN est fondé en avril 1949, dans le cadre bien particulier de la guerre froide entre les empires américains et soviétiques, alors même que s'achève l'un des épisodes les plus importants de ce conflit, le blocus de Berlin (juin 48 - mai 49). En 1966, le président de Gaulle décide de retirer la France du commandement intégré de l'Alliance pour garantir l'indépendance de notre Nation : grande décision, purement gaullienne, d'inspiration bonapartiste, et d'une audace certaine.

Cette décision est annulée par le président Nicolas Sarkozy en 2009, année qui marque le retour de la France dans le commandement intégré, soit sa réintégration complète dans l'OTAN. Décision idéologique relevant de l'atlantisme et de l'alignement sur les Etats-Unis d'Amérique, il nous faut la condamner sans équivoque et se poser la question suivante : à quoi bon réintégrer une alliance militaire conçue durant la guerre froide ? Et pourquoi s'aligner, aujourd'hui, au début du XXIe siècle, sur une puissance américaine clairement en déclin ?


25 décembre 2011

Un jugement honnête des religions

Cette journée de Noël est sans nul doute le moment idéal pour réfléchir, l'espace d'un instant, à la place que peut occuper aujourd'hui dans notre monde la religion, notamment la religion chrétienne qui a tant marqué notre Histoire. Napoléon Ier, l'homme du Concordat, affirmait : "Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole." Et pourtant, aujourd'hui, la religion recule partout en Europe, et notamment en France, fille aînée de l'Eglise comme de la Laïcité ; une religion de plus en plus caricaturée, de plus en plus conspuée, surtout à travers sa principale personnification, le pape Benoit XVI.

Etant de confession protestante libérale, je n'accorde pas à la parole du pape de caractère infaillible ni de pouvoir particulier, mais je suis tout enclin à lui donner une autorité certaine qui ne découle que du simple fait que 2,3 milliards d'êtres humains sur Terre sont chrétiens, et parmi eux un peu plus d'un milliard se revendiquent catholiques : qui, dans le monde actuel, dispose d'une audience aussi large que le souverain pontife ?

C'est sans doute à cause de l'étendue de son influence que les populations européennes sont aujourd'hui particulièrement exigeantes à son égard et lui fondent dessus à la moindre incartade, sur l'IVG, le port du préservatif, l'homosexualité, etc. Et souvent les médias et les bien-pensants se délectent de cette exercice : cracher sur le pape, une institution jadis toute-puissante et aujourd'hui réduite à son pouvoir d'influence sur l'Afrique et l'Amérique latine, voilà qui semble délicieux. Mais ces attaques sont-elles toutes justifiées ? Il me semble que non ...

23 décembre 2011

Génocide arménien : une insulte à toutes les souverainetés

Mustafa Kemal Atatürk

La pénalisation du génocide arménien, voté le 22 décembre par l'Assemblée nationale, dix ans après sa reconnaissance, semblait faire l'objet d'un consensus transpartisan entre les bancs de la majorité comme ceux de l'opposition. Mais depuis la riposte d'Ankara, plusieurs personnalités influentes se sont dressées contre le texte : François Hollande (mais on peut douter de la sincérité de sa position, n'est-il pas lui-même en campagne ?), Robert Badinter ou Alain Juppé, qui a jugé la loi "non opportune". A l'exception de François Bayrou qui a dénoncé le texte avant son vote, on peut regretter que ces éminences de la politique française n'aient pris position plus tôt pour empêcher le vote de cette loi ridicule : malhonnête intellectuellement et insultante pour le peuple turc.


21 décembre 2011

Être bonapartiste en 2012 : profession de foi

L'Empereur Napoléon III

Aujourd'hui, le terme "bonapartiste" est quasiment devenu une insulte politique, au même titre que "fasciste". Si un homme politique fait preuve d'un peu trop d'autoritarisme, la presse n'hésite pas et la condamnation tombe : bonapartiste. Et si celui-ci a le malheur d'être de la même taille que nos empereurs, la métaphore peut alors être filée durant de longues années ... La comparaison, soyons honnête, ne manque pas toujours de fondements, historiques, idéologiques et politiques (le caractère d'insulte, lui, est nettement plus discutable) : autoritarisme, antiparlementarisme, culture de l'action, mépris parfois affiché pour la discussion, attachement à la souveraineté française, attachement à la gloire française, etc. Autant de traits qui semblent définir le bonapartisme. Mais de quel bonapartisme parle-t-on ? Au fond, qu'est-ce que le bonapartisme ?