17 décembre 2014

[Billet d'humeur] Le sidérant spectacle quotidien de la politique française

La politique française est rarement pour la France une raison de se réjouir et de se féliciter. Qu'ils soient incompétents, encore, cela peut se discuter dans un contexte de crise économique, sociale, morale et politique. Mais pourquoi ne parviennent-ils pas au moins à s'épargner le ridicule ? Pourquoi ne parviennent-ils même pas à faire ne serait-ce que semblant d'être plus que de grands enfants enfermés dans un immense jeu aussi débile que funeste pour notre pays ?

Les clowns musiciens de Bernard Buffet

La semaine passée, ce fut "l'affaire" du costume kazakh offert à François Hollande par le président du  Kazakhstan. La belle affaire ! On a dit les communicants de l'Elysée affolés tandis que les anti-Hollande s'en donnaient à coeur joie, avec leur verve pleine de venin : mais où est le problème ?  Le président de la République porte un cadeau offert par son hôte. La photo est cocasse, au final elle est même plutôt sympathique. Paie-t-on vraiment des communicants à la Présidence de la République (à prix d'or, imagine-t-on bien) pour qu'ils s'intéressent à ce genre de non-événement ? Et les opposants au président n'ont-ils pas d'autres combats plus intéressants à mener que déverser leur haine à longueur de journée ?

13 décembre 2014

La monarchie, une institution humaine et familiale

La famille royale belge

L'actualité monarchique de cette semaine qui s'achève a été particulièrement nourrie. Chez nos cousins belges, un dernier hommage a été rendu à l'ancienne reine Fabiola, la célèbre reine blanche, indéfectible soutien du roi Baudoin et reine de coeur de tout son peuple. A Monaco, cette petite principauté enclavée dans la côte méditerranéenne du sud de la France, la famille Grimaldi, souvent considérée comme notre famille princière par défaut, a accueilli deux nouveaux membres, les enfants d'Albert et Charlène, le prince Jacques et la princesse Gabriella.

Ces deux événements si rapprochés dans le temps nous rappelle, alors que nombre de personnes proclame leur attachement à la famille (et ce avec plus ou moins d'intelligence), que la monarchie est une institution fondée sur la réalité de l'Homme et notamment sur celle, fondatrice, de la famille.

2 décembre 2014

Faut-il commémorer le coup d'Etat du 2 décembre 1851 ?

Ralliement de la Garde nationale lors du coup d'Etat, Pierre-Eugène Lacoste

Il y a cent soixante-trois ans, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, lançait une vaste opération politico-policière connue comme le coup d'Etat du 2 décembre 1851. Il entendait par là mettre un terme au conflit l'opposant à l'Assemblée royaliste, fruit des blocages inhérents à la constitution républicaine de 1848, rétablir le suffrage universel sur le territoire national et aussi permettre sa prolongation à la tête du pays.

Le 2 décembre a toujours été une date à la portée symbolique forte pour les bonapartistes : Napoléon Bonaparte se fait sacrer empereur le 2 décembre 1804 et il remporte l'étincelante victoire d'Austerlitz le 2 décembre 1805. C'est aussi la date à laquelle la Couronne impériale est rétablie selon le voeu populaire le 2 décembre 1852 dans la personne de Napoléon III.

Mais que faire du quatrième événement attaché dans la mémoire nationale au 2 décembre ? Que faire du coup d'Etat dans l'optique d'un bonapartisme du XXIe siècle ?

12 octobre 2014

Ultimatum du PRG : une aberration démocratique



Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de Gauche depuis 1996 (!), a perdu son siège de sénateur du Tarn-et-Garonne qu'il occupait depuis 1995 (!) aux élections sénatoriales du 28 septembre dernier. Pour cet ancien ministre (délégué au tourisme) des gouvernements Rocard, Cresson et Beregovoy (!), sa défaite est imputable à une déloyauté du pouvoir socialiste.

Pouvoir socialiste auquel il estime pourtant avoir assez démontré sa fidélité depuis l'élection à la présidence de François Hollande en 2012. Allié du Parti Socialiste depuis le début de la mandature, et dernier allié depuis le départ des écologistes en avril dernier, le Parti Radical de Gauche a décidé de faire payer (cher) sa participation au gouvernement Valls (où il compte une ministre (au Logement) et deux secrétaires d'Etat (à la Francophonie et aux Sports)).

Le chantage d'un vieux dinosaure à un allié sans lequel il n'existerait même pas. Une aberration démocratique qui montre bien l'état de déliquescence de nos institutions.

25 septembre 2014

Nicolas Sarkozy, l'homme qui rassemble (la Gauche)

(c) Les Amis de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy est revenu. La principale nouvelle que les français auront appris, stupéfaits, c'est que Nicolas Sarkozy était donc apparemment parti.

L'ancien président de la République, désormais candidat à la présidence de l'UMP, revient sur le credo du rassemblement. D'ailleurs, la presse toute entière bruisse de parallèles indignes avec le bonapartisme. Or, comme j'ai entendu Eric Zemmour l'affirmer dernièrement, si Nicolas Sarkozy a (peut-être) une forme bonapartiste il n'en a aucunement le fond. S'il a une attitude plébiscitaire, il n'en a pas l'idéologie, bien au contraire.

Mais le plus fascinant dans ce faux-retour (qui succède à un faux-départ) c'est qu'il ne présente aucun intérêt pour l'Opposition, servant surtout en réalité les intérêts de la Gauche au pouvoir.

Tout ceci au détriment du seul intérêt qui compte : celui de la France.

18 septembre 2014

Pourquoi l'indépendance écossaise n'est pas un complot européen

Drapeau écossais

Aujourd'hui, 18 septembre 2014, quelque soit la réponse donnée par les écossais à un référendum sans précédent, ce jour sera un jour historique. Il ne s'agit pas, pour des citoyens français, de prendre position dans un débat qui ne doit mobiliser que les peuples concernés, en Ecosse et en Grande-Bretagne. Il ne s'agit pas de dire ce que nous répondrions à cette question (Should Scotland be an independent country ?) si nous étions écossais : le fait est là, nous ne sommes pas écossais.

Mais il y a, hors d'Ecosse, des commentaires, nombreux. Ils seront encore plus nombreux si demain le peuple écossais choisissait l'indépendance.

Parmi ces analyses, il y en a une qui choque plus que les autres : l'idée selon laquelle l'indépendance écossaise serait inscrit à l'agenda d'une "conspiration" europhile destinée à détruire les Nations au profit d'une Europe dominée par Berlin. C'est notamment la position défendue sur son célèbre blog par Laurent Pinsolle, délégué national de Debout la République.

Une position défendue à contre-courant de l'Histoire et de ces différences mêmes qui fondent les Nations. Une position défendue également à contre-courant du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, pourtant si cher aux traditions bonapartistes et gaullistes.

16 septembre 2014

L'Assemblée a définitivement cessé d'être nationale

Hémicycle de l'Assemblée

Depuis cet après-midi, et de manière exceptionnelle, le gouvernement de la France est un gouvernement minoritaire ne disposant seulement plus que de la confiance de 269 députés sur 577 élus.

Ceci acte le pourrissement de jour en jour de plus en profond du pouvoir socialiste. Mais ce jour met aussi en lumière l'incroyable déliquescence institutionnelle que la France traverse.

Notre Assemblée nationale ne représente plus notre Nation : elle ne représente désormais plus rien d'autre qu'une caste politicienne en déclin et des institutions en crise.

15 août 2014

[Saint-Napoléon] De Bonaparte à Séguin : la galerie des héritiers du bonapartisme

De gauche à droite : Napoléon, Napoléon III, Clemenceau, De Gaulle, Debré, Chaban-Delmas, Chevènement, Séguin

Le bonapartisme stricto sensu est né de sa théorisation dans les années 1830 - 1840 puis de sa pratique sous le Second Empire par Louis-Napoléon Bonaparte, mieux connu comme l'empereur Napoléon III, et ce sur les bases de l'épopée de son oncle, Napoléon le Grand.

Après la chute de l'Empire, le bonapartisme a continué de vivre, se reconstruisant rapidement une étonnante vigueur sous le patronage de l'Empereur déchu puis du Prince impérial. La disparition tragique de ce dernier en 1879 brisa l'élan du renouveau. Et le bonapartisme sombra dans les querelles et les divisions. La majorité de ses cadres d'alors choisirent, malheureusement, une alliance contre-nature avec des forces royalistes, conservatrices et réactionnaires. Quoique le bonapartisme populaire et progressiste survécût en partie, à travers notamment le parti plébiscitaire, l'union conservatrice venait de casser l'idéal impérial.

Mais le bonapartisme peut aussi s'identifier à une certaine énergie patriotique qui transcende cette expérience politique du bonapartisme louis-napoléonien. On pourrait alors facilement se prêter au jeu d'établir une liste des "héritiers" du bonapartisme : ceux-ci ne s'en sont jamais revendiqués mais nous les reconnaissons pourtant volontiers comme les continuateurs de l'oeuvre patriotique et sociale engagée par Napoléon III, sur l'inspiration de Napoléon Ier.

En ce 245e anniversaire de la naissance de Napoléon Bonaparte, Renouveau Bonapartiste vous invite à découvrir, fidèle au quatrième commandement du bonapartisme rénové, le portrait de six de ces héritiers et les raisons précises pour lesquelles nous pensons qu'ils peuvent être reconnus comme tel.

Bonne Saint-Napoléon à tous.

7 août 2014

Réforme territoriale : l'affligeante improvisation du pouvoir socialiste


Propositions néobonapartistes de redécoupage (mises à jour)

Le pouvoir socialiste qui gouverne la France depuis bientôt deux ans et demi (nous serons, en octobre prochain, à la moitié du mandat de François Hollande) se distingue par une qualité malheureusement courante dans la politique contemporaine : une incompétence notoire.

La toute récente censure du Conseil constitutionnel des mesures du pacte de responsabilité si longtemps présenté comme "la" solution miracle du moment en est une preuve nouvelle.

Mais le dossier pour lequel cette incompétence doublée d'improvisation a connu la meilleur exposition demeure sans conteste l'aberrante réforme territoriale que le pouvoir socialiste a tenté d'offrir à la France.

23 juillet 2014

<< Le Prince Napoléon me paraîtrait très bien aussi. >>

Hier, dans la célèbre émission de débat C dans l'air, à l'occasion d'un numéro consacré aux monarchies européennes intitulé "Les monarchies en défi", une petite phrase, aussi courte qu'anecdotique, a dû réchauffer le coeur des bonapartistes dynastiques. En ces heures estivales, je me permets de partager ce rapide instant.

A la question "Si l'on avait encore une monarchie en France, qui serait le roi ?", posée par un téléspectateur, selon la mécanique bien connue de l'émission de France 5, Vincent Meylan, rédacteur en chef à Point de Vue a répondu :

<< Je ne peux donner que mon opinion personnelle. Pour moi, incontestablement, c'est le comte de Paris. La moindre des choses pour être prétendant au trône d'un pays, c'est quand même d'y vivre. Il se trouve que les Orléans y vivent. Cela dit, il y a une alternative avec les Bonaparte. Je dis "le comte de Paris" mais le Prince Napoléon me paraîtrait très bien aussi. >>