16 janvier 2016

Deux mois de silence et de réflexions

Mémorial de la Place de la République
Le dernier article publié par Renouveau Bonapartiste l'a été il y a très exactement deux mois, le 16 novembre 2015. Depuis lors, le blog apparaît comme figé sur cette image d'une Tour Eiffel plongée dans les ténèbres, précédant le magnifique et vibrant poème de Louis Aragon dédié à Paris.

Comme annoncé sur la page Facebook du blog, le silence a fait suite aux attentats du 13-Novembre et j'ai voulu qu'il dure un temps certain afin que celui-ci puisse être utile. Ce temps de silence est un temps symbolique et pratique.

16 novembre 2015

Pour les victimes, pour Paris, pour la France


Paris
Louis Aragon (1944) 

Où fait-il bon même au coeur de l’orage
Où fait-il clair même au coeur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant de la braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris


Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai


Rien ne m’a fait jamais battre le coeur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

14 novembre 2015

Une Nation en deuil


Ce 13 novembre 2015, la France a de nouveau été prise pour cible. Notre Nation traverse dans l'effroi la pire attaque terroriste de son Histoire.

A l'heure où nous écrivons, le bilan fait état de 120 morts. Chiffre effroyable, terrifiant, sidérant, barbare.

Si notre pays est la cible de telles attaques, c'est parce que la France n'est pas qu'une simple entité étatique et administrative. La France est un idéal, façonné par l'Histoire ; un souffle de Liberté, d'Egalité et de Fraternité qui inspire le monde tout entier depuis deux siècles.

La France n'est pas qu'une Nation, la France est un Rêve. Et tous les cauchemars de la Terre ne pourront jamais l'étouffer.

Soyons solidaires et unis, dans la douleur. Soyons présents pour les familles frappées ce soir par les pertes les plus affreuses.

Oublions nos querelles inutiles et nos divisions anecdotiques pour défendre ce que nous sommes et ce que nous ne cesserons jamais d'être.

Tout au long de son Histoire, attaquée de mille façons, la France n'a jamais plié. Elle ne pliera jamais.

Prions pour les victimes et leurs familles endeuillées, et n'oublions jamais qui nous sommes.

Nous sommes Charlie.
Nous sommes Paris.
Nous sommes la France.

10 novembre 2015

Il y a 45 ans, la France apprenait la disparition du Général de Gaulle


"Françaises, français, le Général de Gaulle est mort ; la France est veuve." Ce sont par ces mots que le Président de la République, Georges Pompidou, annonça le 10 novembre 1970 à la Nation, avec toute la solennité dont ce grand littéraire savait faire preuve, la disparition de son prédécesseur, Charles de Gaulle, survenue la veille.

Né le 22 novembre 1890, le premier président de la Ve République disparait à quelques semaines de son quatre-vingtième anniversaire, le 9 novembre 1970, emporté par une rupture d'anévrisme à l'heure du dîner, dans sa propriété de la Boiserie, à Colombey-les-Deux-Eglises. Laissant, comme l'affirmera son successeur à la tête de l'Etat, deux veuves : Mme de Gaulle et la France. L'homme du 18 juin avait quitté le pouvoir depuis un an et demi, au lendemain de l'échec du référendum du 27 avril 1969.

Le Président Pompidou achève son hommage par cette phrase de facture proprement sublime : "Promettons à la France de n'être pas indignes des leçons qui nous ont été dispensées et que, dans l'âme nationale, De Gaulle vive éternellement !" Si ce lyrisme hautement nourri de la conscience de l'Histoire a malheureusement disparu de notre vie politique, en est-il de même de l'héritage du Général de Gaulle ? La promesse de Georges Pompidou a-t-elle été tenue ?

Alors que tout le monde - mais surtout n'importe qui - se revendique aujourd'hui de la pensée du Général de Gaulle, qu'est-ce que cet héritage gaullien qui semble faire l'unanimité ? Si le peuple français garde à son dernier grand homme toute son affection et sa fidélité, en est-il de même de tous ces politiques qui en appellent aux mânes de l'homme de Colombey ?

En ce jour, alors qu'hier les bonapartistes de Renouveau Bonapartiste et les gaullistes de l'Union du Peuple Français affichaient publiquement leur désir de collaborer à l'enrichissement de leurs pensées respectives, voyons ce qu'il reste du gaullisme et du Général de Gaulle dans la France de 2015.

9 novembre 2015

Convergences & Indépendance : nouveau partenariat entre gaullistes et bonapartistes


Depuis plusieurs années, la France perd repères et valeurs. Des gouvernements de rencontre se sont succédés sans jamais être à la hauteur des défis contemporains, et notre cher et vieux pays se porte mal.

Ravages du chômage toujours présents dans notre tissu social, déficit public toujours aussi lourd à porter, illisibilité des politiques fiscales, économie en berne, sens de l'unité et du dialogue de plus en plus diminué, construction européenne éloignée des peuples souverains et trop proche des marchés financiers, politique étrangère instable, indépendance nationale bradée, souveraineté populaire bafouée, une puissance publique affaiblie et une classe politique toujours plus impopulaire.

L'indignation gronde et une partie de moins en moins négligeable de notre peuple, désespérée, s'en remet aux extrêmes. La peur de l'autre et le rejet de l'étranger se réveillent plus que jamais. L'impuissance politique laisse notre Nation s'affaiblir dans la division et les éclats épars de notre Peuple se rassemblent en autant de communautés fermées ennemies les unes des autres.

A l'heure où certains profitent de nos divisions pour prospérer, en montant les Français les uns contre les autres, nous, gaullistes et bonapartistes, avons le devoir de continuer à défendre les idéaux fondateurs de nos courants de pensée :
  • l'Unité nationale,
  • la Souveraineté populaire,
  • l'Ordre, le Progrès et la Solidarité.
En ce 9 novembre, anniversaire commun de l'arrivée au pouvoir du général Bonaparte en 1799 et de la disparition du général Charles de Gaulle en 1970, conscients de l'importance de ce devoir, au regard de l'Histoire comme de l'avenir, l'Union du Peuple Français et Renouveau Bonapartiste sont fiers d'annoncer la mise en place d'une nouvelle collaboration afin de travailler ensemble dans l'intérêt supérieur de la Patrie.

Réunis dans une collaboration des esprits et non des structures, respectueux de l'indépendance de nos mouvements respectifs et de nos divergences de positions sur certaines propositions ou certains faits d'actualité, nous travaillerons ensemble à trouver des terrains d'entente où le gaullisme de l'UPF et le bonapartisme de RB peuvent mutuellement s'enrichir dans une dynamique de convergence de ces deux courants politiques au service de la défense des principes fondateurs que nous avons en commun et que nous avons, tous deux, hérités de l'Histoire de France.

Aujourd'hui, 9 novembre 2015, les héritiers des deux plus grandes figures de notre Histoire font le choix de s'associer en toute indépendance et liberté dans l'espoir qu'un jour dans l'avenir la France soit de nouveau digne de ce qu'elle fut dans le passé et des grands principes généreux que le génie de son peuple a enfanté.

9 novembre 2015

Communiqué émis au nom de leurs adhérents et sympathisants par les responsables de l'Union du Peuple Français et de Renouveau Bonapartiste.

8 novembre 2015

Que nous reste-t-il aujourd'hui du coup d'Etat du 18 brumaire ?

Le général Bonaparte au conseil des Cinq-Cent, F. Bouchot, 1840

Certes, selon le calendrier grégorien, la prise de pouvoir par Napoléon Bonaparte a eu lieu le 9 novembre 1799, équivalent de la date légendaire du 18 brumaire an VIII. Cependant, si le calendrier républicain avait été maintenu - c'est l'Empereur lui-même qui l'abandonna durant son règne - ce deux cent soixante-sixième anniversaire du coup d'Etat n'aurait pas pris place demain mais aujourd'hui, puisque nous sommes en ce jour le 18 brumaire an CCXXIV.

Bien conscient que cet événement historique fondateur s'est étalé sur plusieurs jours et qu'en réalité il eût davantage lieu le 19 brumaire, soit le 10 novembre, c'est aujourd'hui que nous reviendrons sur l'héritage laissé par l'autre coup d'Etat piloté par un Bonaparte.

Notre propos sera historique pour rappel mais, de nouveau, n'oublions pas que l'objet de la politique bonapartiste n'est pas exactement le même que celui de la mémoire napoléonienne. Ce regard jeté sur la fin de l'année 1799 n'a pas pour dessein d'arbitrer ou de venger le passé mais de nourrir le bonapartisme d'aujourd'hui des modèles de l'Histoire.

1 novembre 2015

Rééditer Mein Kampf pour mieux combattre les épigones d'Hitler

Adolf Hitler
Une fois de plus, Jean-Luc Mélenchon a voulu occuper un peu du temps médiatique en donnant aux médias une nouvelle polémique à se mettre sous la dent. Sur son blog, le meneur du Front de Gauche a menacé son éditeur, Fayard, de le quitter, si jamais ce dernier persévérait à vouloir publier le livre d'Adolf Hitler, Mein Kampf, à l'occasion de l'entrée de cet ouvrage dans le domaine public en janvier prochain.

S'indignant qu'on veuille diffuser la "bible" du régime national-socialiste qui a provoqué une guerre mondiale et exterminé industriellement plus de six millions d'êtres humains, M. Mélenchon s'oppose avec virulence - lui et ses lieutenants - à cette décision éditoriale, établissant un parallèle un peu excessif entre cette réédition et la montée de Marine Le Pen.

De nouveau, l'égérie de l'extrême-gauche a manqué une occasion de se taire. De nouveau, il montre à l'opinion combien il pense en termes de dogmes périmés et non de réalités humaines présentes. De nouveau, il montre son amour d'une censure morale qu'il préfère à la confiance démocratique placée en l'éducation populaire.

31 octobre 2015

Hommage bonapartiste au fier peuple québécois, nos frères français d'Amérique

Drapeau national du Québec

Hier, vendredi 30 octobre 2015, le Québec se remémorait, vingt ans après, l'incroyable moment historique vécu par tout un peuple à l'occasion du référendum sur la souveraineté québécoise. Il y a vingt ans, en effet, le peuple québécois était appelé aux urnes - pour la seconde fois de son histoire - afin de trancher une question de première importance : le Québec sera-t-il, ou non, un pays indépendant ?

En 1980, lors du premier référendum, la réponse avait été d'une clarté totale : avec 85% de participation, le "Non" à l'indépendance triomphait par 60%. Quinze ans plus tard, la bataille devait être nettement plus serrée et la souveraineté québécoise échoua de peu à réaliser ses vieux rêves. 93,52% de la population se mobilisa, donnant 49,42% au "Oui" et 50,58% au "Non". L'Histoire se joue parfois à bien peu de chose.

Nous avons tous en tête le cri légendaire - et, pour le gouvernement canadien, scandaleux - du Général de Gaulle, le 24 juillet 1967 à Montréal. Près de quatre décennies plus tard et vingt ans après l'échec du dernier référendum sur la souveraineté québécoise, nous pouvons le reprendre à notre compte sans hésiter et, nous associant à la liberté et aux espoirs de notre peuple frère et ami d'Amérique, dire : "Vive le Québec libre !".

28 octobre 2015

Napoléon IV ou Napoléon VII ? Succession napoléonienne et légitimités impériales

De gauche à droite : l'empereur Napoléon le Grand, l'empereur Napoléon II, le roi Joseph, le roi Louis, l'empereur Napoléon III,
le Prince impérial, le prince Victor, le prince Louis et l'actuel Prince Napoléon

Renouveau Bonapartiste n'a jamais caché ses très sincères opinions monarchistes. Anticipant toute polémique, nous reconnaissons sans problème que le bonapartisme n'est pas monarchiste par nature, et pas davantage républicain. Par nature pragmatique, le bonapartisme sait adapter ses idéaux généreux aux réalités pratiques du présent, ne s'attachant à la défense d'aucune idéologie mais à la promotion de toutes les idées qui peuvent servir l'avenir de la Nation. Nos propositions de régénération démocratique à travers l'instauration d'une démocratie plébiscitaire peuvent ainsi s'épanouir dans un cadre républicain aussi bien que monarchiste.

Mais entre l'option républicaine - ou élective - et l'option monarchiste - nous préférons parler d'option dynastique - nous avons fait notre choix : il se fait résolument en faveur de la succession napoléonienne. Au niveau des institutions, la République se résume trop souvent à la combinaison des défauts de tous les régimes là où la monarchie optimise toutes leurs qualités.

Interroger cette succession c'est définir l'âme du monarchisme napoléonien, questionner les fondations et les légitimités d'une institution qui peut, mieux qu'aucune autre, apporter à la France stabilité, dialogue et unité.

21 octobre 2015

Le duc de Séville couronné légitime roi de France par le comte de Paris, ou l'absurdité des querelles dynastiques démontrée par l'exemple

Le comte de Paris dans son bureau parisien

Après notre article sur la vente par la Famille d'Orléans d'un important patrimoine royal, nous avons reçu nombre de réactions et pu constater que les querelles dynastiques étaient loin d'avoir disparues. Curieux, nous avons regardé les dernières déclarations du chef des Orléans. Ceci nous a permis de découvrir que le comte de Paris s'était feint d'un nouveau "communiqué rectificatif" le 24 juillet dernier, de nouveau en réaction à un article de Stéphane Bern paru dans Le Figaro Magazine. Nous avions déjà, en 2014, à l'occasion des 800 ans de la naissance de Saint-Louis, publié un article sur les fâcheuses approximations historiques du prince Henri d'Orléans, utilisées par ce dernier afin de décrédibiliser les prétentions au trône de France avancées par son lointain cousin, le prince Louis, duc d'Anjou. 

Dans son communiqué du 24 juillet, le chef de la Famille d'Orléans reprend les idées qu'il avait déjà si malhabilement exposées dans la déclaration que nous avions commenté il y a un an et demi. Mais il les reprécise et les développe d'une telle façon qu'il était impossible de ne pas céder au plaisir coupable de poursuivre ce développement jusqu'au bout.

En tant que monarchiste napoléonien, par vocation neutre dans ce conflit dynastique qui le dépasse toujours et le sidère souvent, il est extrêmement ludique de montrer l'absurdité des querelles royalistes. Les toujours fâcheuses approximations du comte de Paris nous en offrent une fois encore l'opportunité, y compris celle de poser cette question fondamentale : n'y-a-t-il pas des débats plus essentielles à avoir que le débat dynastique ?